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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 18:12

 article de Thierry Meyssan  (17 avril 2014)

L'hebdomadaire polonais de gauche, "Nie"  (Non), a publié un témoignage choc sur la formation des militants les plus violents d'EuroMaidan.

Selon cette source, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a invité , en septembre 2013, 86 membres du Secteur de droite (Pravy Sector), prétendument dans le cadre d'un programme de coopération inter-universitaire. En réalité, les invités n'étaient pas des étudiants, et beaucoup étaient âgés de plus de 40 ans. ils ne se sont pas rendus à l'université technique de Varsovie, contrairement à leur programme officiel, mais au centre de formation de la policie de Legionowo, à une heure de route de la capitale. Sur place, ils ont reçu quatre semaines de formation intensive à la gestion des foules, à la reconnaissance des personnes, aux tactiques de combat, au commandement, au comportement en situation de crise, à la protection aux gaz de maintien de l'ordre, à la construction de barricades, et surtout au tir, incluant l'usage des fusils de snipers.

Cette formation est intervenue en septembre 2013, alors que les protestations de la place Maidan sont sensées répondre à un décret suspendant les négociations en vue de la signature de l'accord d'association avec l' Union européenne, signé par le Premier Ministre Mykola Azarov le 21 novembre.

L'hebdomadaire "Nie"  précise que des photographies attestent de cette formation. On y voit les ukrainiens en uniformes nazis avec leurs professeurs polonais en civils.

Ces révélations justifient un nouveau regard sur la résolution adoptée début décembre 2013 par la Diète polonaise, selon laquelle le Parlement affirmait son "entière solidarité avec les citoyens ukrainiens qui, avec une grande détermination montrent au monde leur volonté de garantir la pleine appartenance de leur pays à l' Union européenne". Bien entendu, les parlementaires ignoraient alors que leur pays avait formé au préalable les individus qui tentaient - et réussirent - de prendre le pouvoir.

Ce scandale illustre le rôle assigné par l' OTAN à la Pologne en Ukraine que l'on peut comparer à celui assigné à la Turquie en Syrie. IL a été tenu par le gouvernement du libéral pro-européen Donald Tusk. Le ministre des affaires étrangères, le journaliste Radoslaw Sikorski, jadis réfugié politique au Royaume-Uni, a été le maître d'oeuvre de l'intégration de la Pologne dans l'OTAN. En sa qualité de membre du " Triangle de Weimar" il fut l'un des trois repésentants de l' Union européenne à négocier l'accord du 21 février 2014 entre le président Victor Ianoukovytsh et les trois principaux leaders d' EuroMaidan. Bien entendu, le président ukrainien ignorait qu'il avait formé les émeutiers.

Quant au ministre de l'Intérieur et coordinateur des services spéciaux, Bartlomiej Sienkiewicz, il fut l'un des fondateurs de l'actuel service secret polonais, le Bureau de protection de l' Etat ( Urzad Ochrony Panstwa). Il fut aussi longuement le directeur adjoint du Centre d'études orientales, un centre de recherche national sur l' Europe de l' Est et les Balkans, particulièrment sur l' Ukraine et la Turquie. Cet institut exerce une profonde influence sur la perception occidentale des événements actuels, via ses accords avec la Fondation Carnegie.

Durant le gouvernement de Toulia Tymochenko ( 2007-2010), l'actuel président provisoire ukrainien, Oleksandr Tourtchynov, était le chef des services secrets puis vice-Premier ministre. Il travaillait à l'époque avec les polonais Donald Tusk (déjà premier ministre), Radoslaw Sikorski ( alors ministre de la Défense) et Bartomiej Sienkiewicz (directeur de la société de renseignement privée ASB OTHAGO).

Pour renverser le gouvernement de son voisin, la Pologne s'est appuyée sur des militants nazis à la manière dont la Turquie s'appuie sur Al-Qaïda pour renverser le gouvernement Syrien. Non seulement il n'est pas étonnant de voir les actuelles autorités polonaises s'appuyer sur les petits-enfants des nazis que la CIA intégra au réseau Gladio de l' OTAN pour lutter contre l' Union soviétique, mais on se souvient de la polémique qui éclata lors de l'élection présidentielle polonaise de 2005 : le journaliste et député Jacek Kurki révéla que Jozef Tusk, le grand-père de Donald Tusk s'était engagé volontairement dans la Wermacht. Après avoir nié les faits, le Premier ministre finit par admettre que son grand-père avait effectivement servi dans les armées nazies, mais affirma qu'il avait été enrôlé de force après l'annexion de Dantzig. ( Voilà la manière dont Washington sélectionne ses agents en Europe de l'Est).

En résumé, la Pologne a formé des émeutiers pour renverser le président démocratiquement élu d'Ukraine et a feint de négocier avec lui une solution d'apaisement, le 21 février 2014, alors que ses émeutiers étaient en train de prendre le pouvoir.

Par ailleurs, il ne fait aucun doute que le coup d' Etat fut commandité par les Etas-Unis, comme l'atteste la conversation téléphonique entre l'assistante du secrétaire d' Etat, Victoria Nuland, et l'ambassadeur Geoffrey R.Pyatt. De même, il est clair que des d'autres membres de l' OTAN, notamment la Lituanie et Israel en sa qualité de membre de fait de l' état-major atlantique, ont participé au coup d' Etat. Ce dispositif laisse à penser que l' OTAN dispose aujourd'hui d'un nouveau réseau "Gladio" en Europe orientale. En outre, postérieurement au coup d' Etat, des mercenaires états-uniens d'une filiale de la société Academi ont été déployés dans le pays en lien avec la CIA.

Ces faits modifient profondément la perception que nous pouvions avoir du coup d'Etat du 22 février 2014. ils contredisent l'argumentaire diffusé aux journalistes par le département d'Etat états-unien et constituent un "acte de guerre" en droit international.

Dès lors, le raisonnement des Occidentaux sur la suite des événements, y compris l'adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie et les soulèvements actuels à l' Est et au Sud de l' Ukraine, sont nuls et non avenus.

14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 16:26

Bonjour,

j'ai donc crée un nouveau blog où vous pourrez continuer à lire mes posts

http://millesime57.canalblog.com

9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 23:01

Un post court, certes mais indispensable

"Que l'Europe aille se faire e..." a tout simplement déclaré Victoria Nuland, la secrétaire d'Etat adjointe des Etats-Unis, en charge des relations avec l' Europe, à son ambassadeur en Ukraine, lors d'une conversation téléphonique enregistrée à l'insu des deux protagonistes le jeudi 6 février. (c'est la réponse du berger à la bégère dirait-on..!).

La prise est tellement explicite que la diplomate américaine n'a eu d'autre choix que de s'excuser auprès des diplomates européens. Mais qui a entendu un seul chef d'Etat, un seul ministre des affaires étrangères européen émettre une quelconque protestation ?

 

Très bon éclairage sur ce que pensent réellement les américains de l' Union européenne : qu'elle n'est rien et qu'elle a vocation à rester une périphérie molle des Etats-Unis. Au passage la conversation est révélatrice, au-delà même de l'insulte faite à l' UE. Elle en dit long aussi sur le rôle que joue l' ONU aux yeux des américains. Jugeons en plutôt : "Ce type de l' ONU, Robert Serry" explique Victoria Nuland à son ambassadeur, "ce serait super pour aider à coller les choses, d'avoir cette colle ONU et, tu sais quoi, que l' UE aille se faire foutre "

L'ONU ce n'est donc qu'un pot de colle servant à fixer les morceaux du puzzle américain sur le grand tableau mondial.

 

Washington encourage la guerre civile en Ukraine, quand il ne la fabrique pas tout simplement et agite ensuite ses mécanos ( l' Union européenne, l' ONU...) afin de tenir sa feuille de route. (Lire Brzezinski à propos de l'Eurasie).

 

Quant au gouvernements européens, ils ont pour seule mission, depuis 1945, que de maintenir les peuples européens dans la dormition en leur faisant croire que la construction européenne avance vers une Europe-puissance, alors même qu'elle ne fait, année après année, que consolider le bloc transatlantique dirigé par Washington autant que les oligarchies mondialistes.

 

Il n'y a désormais qu'une issue unique à l'indépendance de l' Europe : l'effondrement du système de l 'Union européenne au profit d'une authentique Europe des nations, condition sine qua none à la renaissance de la civilisation européenne et donc de la puissance française. Si nous ne sortons pas rapidement de cette trappe, la submersion extra-européenne et l'atlantisation auront raison de nos libertés et de notre identité.

La ruine économique en résultera mécaniquement.

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 05:29

La limite au profit

La réflexion écologiste conduit à soustraire au champ de l'exploitation capitaliste des territoires naturels. Devant la réduction des ressources de la planète, elle préserve les océans, la forêt, les animaux, la vie maturelle, et les conditions de la reproduction de la vie.

Cela conduit à poser des limites au champ du profit, mais cela ne modifie pas la dynamique de l'exploitation. L'écologie doit donc se doubler d'une réflexion économique où la limite recevra une définition plus large.

 

Une limite intrinsèque ne serait envisageable que si l'on imaginait un champ d'activité où puisse se déployer une autre économie. S'il n'existe qu'une seule économie de libre-échange, toute limite au profit, même relative, comme celle d'impôt progressif, devient un non-sens parce qu'elle freine ou condamne à l'arrêt les entreprises les plus performantes. Dans le système de libre-échange, il est impossible en effet de juguler la croissance qu'impose la concurrence sans défier la loi organique du système.

Par contre, s'il existe à côté de l'économie d'échange,une économie de réciprocité séparée par une interface, cette limite devient féconde car elle permet à l'entreprise qui l'atteint de poursuivre son investissement dans le champ de la réciprocité. Le profit des actionnaires n'augmente plus, mais la réussite de l'entreprise dans le domaine public, continue de justifier la confiance et par conséquent l'afflux des capitaux et la poursuite des investissements.

La finalite de l'investissement est modifiée, le bien public se substituant au bien privé. Autrement dit, l'entreprise capitaliste se convertit en entreprise sociale quoique toujours sous la responsabilité de son chef d'entreprise. Rien ne prouve que les chefs d'entreprise ne seraient pas plus heureux de servir que de se servir, et de devenir humain plutôt que des brutes. Nombre de professions libérales choisiraient cette option. On n'est pas chirurgien ou avocat pour défendre une classe de bourgeois ou de noble ou les intérêts d'une secte. Ou du moins les serments originaires de ces corporations l'interdisent.

 

La limite au profit permettrait de transformer l'investissement lucratif en investissement non-lucratif ; le pouvoir d'asservir en pouvoir de servir ; la propriété privée en propriété universelle; l'entreprise individuelle en entreprise responsable; la société anonyme en entreprise sociale; la concurrence en émulation; le profit en prestige social. Cette substitution de paradigme ne limiterait pas l'investissement, mais donnerait à la croissance une autre définition : la croissance du bien commun.

 

L'économie sociale

Imaaginons que l'économie sociale prenne en compte la notion de réciprocité. Aussitôt ses débats ne porteraient plus sur les intérêts des uns et des autres mais sur le champ d'application (la territorialité) des divers structures de réciprocité et leurs interfaces, et l'articulation de chacune d'elles sur les autres. Elle définirait la protection sociale comme réciprocité de partage ; elle en déduirait la gratuité des moyens indispensables pour la vie; la couverture médicale universelle, le revenu minimum inconditionnel ou l'allocation universelle; elle exigerait le partage des ressources et des biens produits par la nature; elle rendrait la propriété des moyens de production à la communauté, et la protègerait de toute tentative de privatisation.

Elle penserait le marché comme la relation généralisée de réciprocité entre producteurs-consommateurs, ce qui n'exclut pas l'échange ni l'accumulation du capital de redistribution ou d'investissement mais la spéculation. La nature éthique de la valeur créée par la structure de réciprocité envisagée serait la raison majeure de ses choix, et le débat politique à tous les niveaux de l' Etat trouverait un sens autre que celui du pouvoir de domination des uns sur les autres !

Source : Dominique Temple

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 12:07

Le partage

Si une société n'est pas capable d'offrir aux citoyens les conditions d'existence que lui offrait la nature, elle n'est pas digne d'être humaine.

Les biens que la nature assure à l'homme, les biens premiers, ne peuvent qu'être partagés.

 

Ces biens que l'on désigne sous forme emblématique l'air, l'eau, la terre et le feu sont les ressources nécessaires à la vie. Ils étaient jadis en quantité inépuisable. Le développement de la société modifie leur statut. Ils sont désormais en quantité limitée. Et ces biens premiers sont aujourd'hui réservés par le système capitaliste à une part de plus en plus restreinte des hommes y compris au sein des sociétés les plus riches. Il est donc impératif qu'ils soient retirés du champ de la propriété privée et du profit, et restitués à tous.

 

Le raisonnement qui vaut pour les biens premiers distribués par la nature à tous les êtres vivants vaut aussi pour les biens créés par le travail des hommes en société. Si une société n'est pas capable d'offrir à tous ses propres inventions, elle n'est pas digne d'être dite humaine. Les biens de la société, l'éducation, l'enseignement, l'information, la protection sociale..doivent être gratuits. On peut résumer ces droits par le droit à la réciprocité. Si la dignité de l'être humain résulte de la relation de réciprocité, le droit à la réciprocité est "inviolable et sacré"

 

Dans une société où l'accès aux biens est monétarisé, l'allocation universelle doit permettre à chacun de faire face à autrui en totale sécurité, et de n'accepter ses conditions qu'en toute liberté. L'allocation universelle a été proposée dès la Révolution française, mais fut repoussée à plus tard car la quasi totalité de la population disposait d'un accès à la terre qui se présentait comme une sécurité de fait. Ce temps est révolu. L'allocation universelle est donc devenue le support de la sécurité que la Révolution plaçait en tête des droits humains.

 

L'allocation universelle doit être sans condition, car elle est le préalable à ce que chacun puisse faire valoir ses dons en retour. Seul le do ut des (je donne pour que tu donnes) permet à ce que chacun d'investir librement ses compétences. Le pouvoir de donner à son tour est la raison du droit à la réciprocité positive, droit de participer aux relations de bienveillance qui fondent le sujet en tant qu'humain en chacun des membres de la société.

 

le droit à la réciprocité se heurte en fait au droit bourgeois. La bourgeoisie veille en effet à ce que le salarié ne soit pas en mesure de négocier les conditions de son travail. Elle imposa d'abord que toute la plus-value se convertisse en profit capitaliste. Après la crise de 1929 et la deuxième guerre mondiale, elle consentit au prolétariat un bénéfice, mais à la condition que la consommation de son bénéfice contribue à la croissance du capital. Néanmoins, le prolétariat a pu convertir une partie de ces bénéfices en prestation de réciprocité : les conventions collectives, le salaire minimum, la sécurité sociale, les allocations familiales, la retraite, la limite du temps de travail, les congés payés...

 

Ces acquis doivent être dits par la Constitution irréversibles. Mais ils ne le sont pas, et deviendront de plus en plus précaires tant que ne sera pas levé le verrou de la privatisation. La propriété doit être rendue à la société, se concevoir universelle et être garantie par l' Etat démocratique. De la même façon, le travail doit être restitué à son propriétaire et ne plus pouvoir être exproprié comme s'il pouvait être séparé de son auteur et de sa fonction sociale, c'est-à-dire de la réciprocité. Enfin, la démocratie directe, par la voie de l'internet doit être instituée partout où elle peut remplacer la démocratie indirecte.

 

La démocratie indirecte

Le système capitaliste subordonne à présent l'information, l'éducation, l'enseignement, la recherche scientifique, la critique et même l'art à la propriété privée. Qui maitrise l'information par la privatisation de la télévision et de la radio, du téléphone et du télégraphe...dispose du pouvoir. Karl Marx a su prophétiser que la technique affranchissait la société du travail pénible et libérerait les forces révolutionnaires mais il n'a tout de même pas imaginé que la technique échapperait des mains de l'homme, et qu'ainsi libérée,elle lui imposerait le principe de réciprocité ! Eh bien, la technique est devenue si complexe qu'elle échappe à l'irrationalité de l'intérêt particulier des individus. Et mieux encore, pour permettre à tous les humains de vivre ensemble, elle exige la relativisation de leurs forces entre elles.

 

L'information, matière première de la pensée, est à la disposition de tous instantanément et sans limites. Mais la pensée elle-même ? L'internet constitue une mémoire de tout ce qui est exprimé publiquement par l'homme, et propose une sélection de ce qui est apprécié par tous. Il est la mémoire et l'éveil de la conscience sociale. En réalité, la liberté de la pensée est définitive à moins de chaos universel. C'est par la participation libre et gratuite de tous à l'élaboration de la pensée, et par l'accès à la pensée de tous les autres, tout aussi libre et gratuit, que s'amorce une conscience universelle. L'internet construit une conscience universelle de l'humanité, qui se développe hors du contrôle des individus, et qui permet de choisir entre la réciprocité et l'échange, mais qui, elle, choisit le réciprocité ! Son accès n'est pas encore à la disposition de tout le monde, mais peu s'en faut.

 

L'information et l'altération du message pas les aléas et les circonstances rendaient difficiles la compréhension d'une situation en fonction de son contexte pour les communautés éloignées. Ces difficultés sont désormais éliminées parce que l'internet distribue l'information simultanément sur toute la surface du globe terrestre en temps réel sans souffrir la moinde altération. Enfin, toutes les communautés du monde peuvent s'apercevoir qu'elles sont structurées par l'entraide, la réciprocité simple ou collective, le partage, aussi bien pour le travail des champs que pour la construction de l' habitat ou l'aménagemnt de l'espace collectif.

 

La réciprocité de l'information, à la base de la formation des concepts n'est pas seule à être généralisée par l'internet. Chacun retrouve la liberté de constituer avec autrui la relation de travail par laquelle il acquiert une citoyenneté puisque du point de vue éthique son oeuvre peut être appréciée comme équivalente à celle de tous les autres citoyens du monde. Chacun peut également participer à des réseaux de réciprocité conformes aux labels de son choix et adhérer à la multitude pour décider de la destinée de la planète.

Source : Dominique Temple

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 16:06

Les dysfonctionnements se combinent à l'échelle mondiale. Non seulement en raison des effets du tapering de la FED, créant sur le marché des devises une volatilité destinée à durer, mais également des politiques non coordonnées des banques centrales.

 

L'une freine, l'autre tire ( la Banque du Japon), la Banque d' Angleterre reste sur son quant-à-soi et la BCE est sujette à des interrogations permanentes. Si le marché est unique et l'activité financière mondialisée, aucune implusion commune n'est donnée, chacun restant sur son pré carré. Le G20 et ses prétentions à la gouvernance mondiale ne sont plus qu'un souvenir, les contradictions d'intérêts prédominent. Pour une sortie collective de crise, c'est raté !

 

La contagion atteint l'économie, rançon de la gloire de la mondialisation. Non seulement en raison des effets d'une demande plus faible du côté des émergents affectant les pays développés, ceux de la zone euro en tête (qui réalise 16% de ses exportations vers les BRICS), mais aussi de l'importance qu'ont pris les relations Sud-Sud, c'est-à-dire entre pays émergés. La croissance mondiale pourrait rapidement prendre un nouveau coup : la réorientation des économies des pays émergents vers leur marché intérieur suppose qu'ils n'atterissent pas en catastrophe, ce qui se présente mal. La mondialisation est en crise, aux effets d'enchaînement en faveur de la croissance pouvant vite succéder une pente récessive.

 

La réglementation financière offre une autre image de la fragmentation qui s'instaure. Non seulement son calendrier est à rallonge, ses lacunes ne sont pas comblées et ses principes ne vont pas droit au but, mais elle ressort d'une grande hétérogénéité, créant des mondes financiers différents dans un univers partagé. C'est valable dans tous les domaines de la régulation ainsi que dans celui des normes comptables ( ce qui n'est pas nouveau pour ce dernier). Des deux côtés de l' Atlantique ou de la Manche, des mondes économiques et financiers partagent une vie commune selon des principes distincts dont le raccordement fait problème, et exercent leurs activités dans des cadres différents.

 

Sur ce fond troublé, le réglement d'une question déterminente reste sans solution : celui du désendettement. Car tant du côté public que privé sa concrétisation tarde, c'es le moins que l'on puisse dire.    Des decennies de croissance d'une bulle de dettes étroitement imbriquées les unes aux autres ont abouti à une situation inextricable. Car si l'on parle beaucoup d'endettement, le descriptif de son écheveau fait défaut : qui doit combien à qui et comment ?

 

La Chine n'échappe pas à ce phénomène majeur, aux prises avec une bulle financière menaçante. Les dirigeants chinois ont-ils les moyens d'en contenir l'explosion ? Leurs tentatives de superviser un shadow banking dont la taille a explosé en l'espace de 5 ans et de resserrer les boulons du côté des banques ne sont-elles pas trop tard ? Ils sont eux aussi devant un énorme problème d'endettement, le mal est général ! Partout, la question est posée : peut-on s'en accommoder puisque l'on ne peut s'en débarrasser que marginalement et au prix que l'on observe ?

 

Du côté de la Grèce, les dirigeants européens réfléchissent à une extension de la maturité et une diminution des taux des crédits qu'ils ont accordés en bilatéral ou collectivement, mais cela ne règle strictement rien, car la mesure ne commencera à produire un effet substantiel, mais faible, qu'en 2020 et même en 2023 pour ce qui concerne l'extension de maturité, qui serait portée de 30 à 50 ans. Comme il est hors de question de reconnaître des pertes sur les crédits à la Grèce, il ne retes plus qu'à lisser le remboursement !

 

La mondialisation a donné tout ce qu'elle pouvait en termes de croissance, en dépit de la croyance dans l'arrivée d'une nouvelle phase du cycle économique, cette notion fumeuse qui arrange tout par enchantement mais n'explique rien. La croissance aurait pu faciliter la résorption de cette bulle qui englobe toutes les autres, mais il  ne faut visiblement pas compter sur elle, tandis que les pressions déflationnistes dues au désendettement accentuent au contraire le coût de la dette globale en termes nets. Cela devrait induire une réflexion sur ses sources, de même qu'a été entamée, avant d'être oubliée, une autre sur la mesure de la richesse.

 

La taxation des riches envisagée au sein du FMI, où leur participation aux sauvetages financiers sur une base nationale par la Bundesbank, ne sont pas à la mesure du problème posé. Que cette question soit prise à bras le corps étant pour le moment  exclu - l'effacement comme sur une ardoise magique de la dette par l'inflation n'étant pas d'avantage à l'ordre du jour - que reste-t-il devant nous sinon une longue période où seul primera l'espoir d'un autre miracle résultant de l'innovation technologique et de gains de productivité, avec comme conséquence une diminution de l'offre de travail ?

 

La diminution du coût du travail produira la cristallisation d'une autre fragmentation, de nature sociale, car il faut bien alimenter le moteur à produire les inégalités, Est-ce tenable, cela aussi ?

Source : François Leclerc

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 06:02

Le comité de politique monétaire de la FED a décidé de continuer à diminuer ses achats mensuels de titres, sans plus se soucier des conséquences sur les devises des pays émergents, qui plongent en dépit des interventions de leurs banques centrales respectives. Son communiqué final l'ignore même superbement.

 

Le rand sud-africain, la roupie indienne, le rouble russe, la livre turque et le réal brésilien ne résitent pas au retrait des capitaux résultant des décisions de la FED, qui persiste et signe. L'euro se renforce vis à vis de la monnaie des pays émergents, contribuant aux pressions déflationnistes. Le troisième programme d'assouplissement monétaire de la FED se poursuit néanmoins, au rythme encore substantiel de 65 milliards de dollars mensuel, annoncé pour à nouveau se réduire "à pas mesurés".

 

Cela conduit à poser une question dérangeante : les politiques monétaires de la FED et de la Banque du Japon - qui impriment leur marque au plan mondial - sont-elles vraiment réversibles ? Les promesses d'assèchement ultérieur des liquidités déversées par les soins de la FED sont-elles crédibles ? Pour mémoire, ces deux banques centrales,ainsi que la Banque d'Angleterre et la BCE, ont ensemble injecté quelques 4 000 milliards de dollars dans le système financier.

 

Les conséquences d'une poursuite seraient fortement négatives en raison de l'accroissement de la base monétaire et de la masse des actifs financiers qui en résulterait. Ces derniers trouvant de moins en moins leur répondant dans une économie dont la croissance globale augmente à un rythme inférieur. Le déséquilibre structurel du système financier en sortirait aggravé, tandis que la fragilisation du socle que constitue la dette publique se confirme, la menance d'un défaut n'étant plus réservée aux pays émergents mais se manifestant au sein de la zone euro. Les flux de capitaux exprimant les espérances de gains ou les craintes de pertes des investisseurs en seraient de plus en plus imprévisibles, massifs et nocifs.

 

L'éventualité de voir la Banque du Japon aller au-dela de ses objectifs initiaux de doublement de la taille de son bilan - la FED ayant seulement entamé la décélération de son programme, son bilan continuant de croître - accrédite une poursuite. Certes le bilan de la BCE se dégonfle actuellement, à la faveur des remboursements de ses prêts aux banques. Mais c'est à contre-courant de la tendance générale et pourrait être provisoire, lié à son examen des bilans de banques voulant afficher une meilleure santé, en attendant qu'un nouveau programme d'achats de titres de la BCE se concrétise et qu'une aide soit apportée aux banques centrales devant le refinancement de crédits qu'elles ne peuvent rembourser.

 

Mais d'un autre côté, une sortie sera lourde de conséquences.  Manifestant à nouveau un fort appétit au risque, les investisseurs cherchent à tirer leur épingle du jeu - ou a profiter des bonnes occasions - et font preuve à la fois d'une forte addiction aux flux de liquidités mis à leur disposition et aux faibles coût de financement dont ils bénéficient. Ce deuxième volet des polirtiques accomodantes est d'ailleurs destiné à perdurer, est-il sans cesse réaffirmé afin de calmer le jeu, car une sortie des politiques monétaires expansionnistes aboutirait à des pertes massives pour les investisseurs, le maintien du prix des actifs boursiers et obligataires au niveau élevé est donc un puissant frein à la sortie.

 

Celle-ci accentuera également les problèmes de solvabilité des Etats , et compromettra la relance économique. Une étude estime qu'un retour aux taux obligataires de 2007 - sous l'effet de l'assèchement des liquidités - ferait croître de 20% le montant des intérêts sur la dette souveraine. L'impact sur l'endettement des entreprises et des particuliers serait également très fort.

 

L'ensemble permet de prédire que la sortie de la politique actuelle sera dans le meilleur des cas très progressive et lente, afin d'éviter de brusques réactions des marchés,. Entre les mains des banquiers centraux, le pilotage de la crise est très délicat, en raison des vents contraires auxquels ils sont soumis.

Source : françois Leclerc

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 20:46

Les effets sur les monnaies des pays émergents, de la décélération des achats de titres de la FED, accaparent à juste titre l'attention.

 

Mais d'autres considérations, moins visibles et immédiates, expliquent la prudence avec laquelle la politique de la FED est infléchie : le financement futur de la dette américaine est son principal sujet de préoccupation.

 

Ses achats de titres de la dette dans le cadre de trois programmes successifs de création monétaire ont poussé à la baisse les taux, et diminué le montant des intérêts. En dépit de la croissance continue de la dette ce montant global ne représente plus que 6% du coût du service de la dette,au lieu de 15% au cours de la décennie précédente. Les bienfaits de la FED ne se sont pas arrêtés là, accroissant également la maturité globale de la dette en privilégiant les achats de titres à longue maturité, ce qui atténue la sensibilité de son refinancement à une augmentation des taux.

 

En dépit des efforts de limitation du déficit budgétaire fédéral, la dette continue de croître, ce qui implique régulièrement son déplafonnement par le Congrès. Les projections de l'Office du budget américain, font état d'un déficit public de 600 milliards de dollars en 2014, et de 590 milliards en 2018. Mais cette décélération repose sur un taux de croissance de 4%. A l'arrivée, la dette publique actuellement de 17 000 milliards de dollars pourrait atteindre de 20 000 à 22 000 milliards de dollars en 2018.

 

Il va falloir financer les déficits budgétaires à venir, ainsi que le roulement de la dette actuelle au fur et à mesure de ses échéances. Le parapluie de la FED progressivement fermé, si le tapening se poursuit, une augmentation des taux s'en suivra,( qui a déjà commencé) .Elle contribuera à l'augmentation du coût du servie de la dette. Le marché avait pris l'habitude que la FED se porte acquéreur d'une grande partie des émissions du Trésor, cela ne va plus être le cas, les investisseurs vont devoir prendre de relais.

 

Leur réaction future fait l'objet d'interrogations, et des concertations sont engagées, en particulier en Asie, afin de connaître les intentions des investisseurs et d'orienter les émissions futures vers des formules adaptées à leurs besoins. Pour mieux les garantir, ils disposent de différents types de titres obligataires : à taux variables ou protégés de l'inflation. A titre de test, une émission de la première de ces deux catégories de titres - une nouveauté - a eu lieu, avec une maturité de deux ans, elle a rencontré un grand succès, la demande ayant été de 85 milliards de dollars pour une offre de 15 milliards.

 

Ce changement de fusil d'épaule réglera-t-il le problème? Il est espéré que les investisseurs ont besoin d'actifs de qualité (pour fournir du collatéral) et qu'ils trouveront leur compte avec l'émission de telles obilgations. Cela reste à vérifier.

 

Seule certitude, le poids de la dette américaine va peser d'avantage dans le budget de l' Etat, dont le déficit va devoir continuer de diminuer. L'enjeu est que les Etats-Unis bénéficient d'une croissance suffisante - et des recettes fiscales afférentes - pour au moins stabiliser leur dette. Mais si le modèle de croissance reposant sur l'endettement sans compter est fini, par quoi le remplacer ? L'apport auquel pouvait prétendre le système financier a en tout cas disparu et rien ne le justifie plus dans sa configuration actuelle..!

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 17:42

Nouriel Roubini, l'économiste qui avait en 2005 alerté sur les signes d'une crise économique imminente, a déclaré lors du forum de Davos que le capitalisme était en voie d'autodestruction, par le manque de consommation qu'il provoque à terme. Faut-il voir là une résurgence de la pensée marxiste parmi les observateurs de l'économie, ou un constat factuel ?

 

Ce ne sont pas les constatations qui manquent pour accréditer la perspective d'une autodestruction du capitalisme. Nul besoin de se référer à Marx pour observer même si un certain retour en grâce de celui-ci exprime le besoin de comprendre la crise actuelle, ce que la pensée économique dominante, ne permet pas.Parmi les observations que l'on peut faire figure en bonne place l'énorme volume atteint par la sphère financière, comparé à la taille de l'économie mondiale qui en dernier instance garantit les actifs financiers, avec comme conséquence un déséquilibre structurel grandissant. 

Comment y remédier est une question non résolue. Lors de l'épisode précédent, la titrisation était censée diluer le risque et les obligations souveraines, présumées à zéro riisque, constituaient un socle solide. Qu'en est-il aujourd'hui, alors qu'il est craint une penurie de collatéral - ces actifs apportés en garanties des transactions - en raison d'une demande accrue provenant des nouvelles réglementations et d'une confiance ébréchée des investisseurs, et de la perte de qualité de la dette souveraine ?

 

Dans cette logique, Roubini relance l'idée que le décalage entre l'augmentation des bénéfices et celle des salaires provoquerait un déficit de croissance, enclenchant ainsi le cercle vicieux qui pourrait détruire le capitalisme. Que faut-il penser de ce raisonnement ? Roubini fait-il preuve d'alarmiste ?

L'accroissement continu  des inégalités de la distribution de la richesse a été relevé aussi bien par l'OCDE que par le FMI, et l'ONG Oxfam a produit en ouverture du forum de Davos un document impressionnant à cet égard. Faut-il aussi rappeler le titre du dernier livre de Joseph Stiglitz, le prix de l'inégalité ? Quant au raisonnement liant inégalité et déficit de croissance, il repose sur une simple donnée : la consommation contribuait pour 70% à la croissance des USA, pays où c'est le plus criant.

Si le crédit ne peut plus se substituer aux revenus qui décroissent afin qu'elle reste ce moteur, que faire ?

Préconiser le développent des exportations comme solution de rechange est illusoire, car tous les pays ne peuvent pas être exportateurs nets simultanément ! Enfin, les inquiètudes qui se manifestent à propos du développement des inégalités se trouvent pas uniquement leur source dans la crainte de crises sociales et politiques montantes, mais aussi dans le fait que la machine finira par s'enrayer. Nouriel Roubini est lucide.

 

Faut-il considérer que ces inégalités sont consubstantielles au capitalisme ? En sont-elles une conséquence ou une composante ?

Une fois les inégalités constatées, quelles en sont les causes ? il y a moins foule pour répondre à cette question. La comparaison des rendements dégagés par l'activité financière et économique est pourtant sans appel : il est dans la logique du capitalisme financier - au sein duquel l'activité financière n'est plus au service de l'économie mais est devenue un but en soi - de créer des écarts grandissants de revenus entre ceux qui travaillent pour vivre et ceux qui font travailler leur argent. C'est cela qui n'est pas tenable et qui est, consubstantiel.

 

Cette conséquence du capitalisme sur lui-même est-elle "inscrite dans ses gênes" ? Ou relève-t-lle de la forme qu'il a pris au fil de l' Histoire, de ce que nous en avons fait ?

Il est difficile d'adhérer à la notion de capitalisme de connivence. Simon Johnson, professeur au MIT, évoque pour sa part une dérive oligarchique du pouvoir politico-financier, qu'il a étudié, mais sans souscrire aux thèses libertariennes qui font de l' Etat leur cible principale. Le capitalisme est devenu assisté, la preuve : le rôle déterminant et durable que jouent les banques contrales dans sa stabilisation précaire actuelle. Par analogie, cela rappelle ces avions de chasse modernes qui ne volent que parce qu'une batterie d'ordinateurs y concourent, car sinon ils tomberaient comme des pierres.

Par ailleurs, la zone euro économise 200 à 300 milliards d'euros tous les ans, en raison de l'aléa moral et de la garantie implicite de l' Etat qui leur permet d'emprunter à moindre coût. La New Economic Foundation l'estimait plus modestement à 40 milliards d'euros en 2010. On pourrait multiplier les exemples étayant une même conclusion : le capitalisme est parvenu à un stade de dépendance affirmée aux aides publiques, d'où le terme d'assisté qui lui convient le mieux désormais.

 

Peut-il être sauvé ? Comment doit-il se réformer pour y parvenir ?

On ne connait pas la fin du film. Par contre, il est indispensable de "sortir du cadre " du capitalisme, ce mode de production, (pour cette fois-ci faire référence à Marx), qui ne peut prétendre à l'éternité et qui continue a être secoué par une crise destinée à durer, comme l'épisode actuel du rapatriement brutal des capitaux hors des pays émergents lillustre, avant qu'une autre ne survienne.

Enfin, la multiplicité des obstacles rencontrés par les régulateurs, ainsi que la grande timidité des réformes accomplies, tout comme le calendrier à rallonge, ne témoignent pas d'une grande capacité de réforme, c'est le moins qu'on puisse dire ...!

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 06:09

Le capitalisme est un mécanisme d'allocation de ressources, il a montré qu'il était meilleur en terme de capacité de création de richesse et d'élévation du niveau de vie que l'économie dirigée ou que tous les autres systèmes antérieurs.

Le capitalisme fonctionne que parce que, dans un premier temps, nous compensons le fait que le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires, où elles doivent être mobilisées comme "avances" pour permettre la production ou la consommation.

Si les ressources manquent là où elles sont nécessaires, nous compensons cette distorsion en important le capital de là où il est vers là où il manque, et nous récompensons, dans un cadre de propriété privée généralisée, celui qui consent à ce transfert en lui versant des intérêts.

La pratique des intérêts présente cependant un effet secondaire : une concentration de richesses en découle immanquablement qui fait qu'au bout d'un moment, le capital cesse d'être là où il est nécessaire dans la quasi-totalité des cas, et le système se grippe dans sa totalité.

Chaque fois qu'on oublie que le capitalisme n'est qu'un mécanisme, il y a des disfonctionnements comme ceux observés dans la finance, mais ce n'est pas parce que c'est le capitalisme qui conduit à cela, la question c'est pourquoi la société n'est plus capable, où n'a plus les élites capables de comprendre que l'on doit faire fonctionner ce système dans un Etat de droit.

On en a vu des exemples criants au moment où se dessinent les plus grandes recesssions : ce fut ainsi le cas de l' Amérique en 1929 et également, en 2007, il nous faut alors, dans un deuxième temps, combattre cette concentration du patrimoine qui finit par gripper le système, par différents moyens redistributifs visant à la contrer, tels que l'impôts progressif, l'inflation délibérément provoquée ou, sur un mode involontaire, la guerre.

L'amorce du capitalisme, c'est l'hétérogénéité dans la distribution première des ressources que crée le droit du premier occupant, John Locke, le premier théoricien du liberlisme l'a justifié. Cette hétérogénéité est ensuite renforcée par la pratique des intérêts qui fait que l'argent appelle nécessairement l'argent.

Il en est pour l"économie de marché comme pour le capitalisme : son fonctionnement débouche automatiquement sur son dysfonctionnement : en effet, les plus petits sont inéluctablement éliminés ou absorbés par les plus gros, qui trustent alors des positions dominantes en nombre de plus en plus réduit. Seul moyen de compenser ce mouvement inexorable : imposer une concurrence pénalisant les plus gros, restreignant leur marge de profit et protégeant ainsi les consommateurs.

Encore une fois, comme dans le capitalisme, c'est un mécanisme au dysfonctionnement inscrit dans son principe de base, combattu ensuite par une contre-mesure,qui constitue ce que nous appelons de manière un peu ronflante : "un système qui marche" .

Dans ce cas de l'économie de marché, la situation se stabilise le plus souvent par l'action de deux forces contradictoires : celle naturelle qui élimine la concurrence et celle qui s'efforce au contraire de la maintenir en vie, par la mise en place d'une situation de compromis : une concurrence apparente mais feinte où les producteurs réalisent entre eux des ententes pour fixer les prix à des niveaux plus élevés que ceux qui résulteraient d'une concurrence authentique.

Le consommateur est perdant dans ces situations de pseudo-concurrence dont on le convainc sans trop de mal qu'il s'agit de situations de concurrence parfaite.

Plutôt que d'avoir affaire à des "systèmes qui marchent", ce sont plutôt des systèmes bancals, facteurs de déséquilibre à qui aucun remède ne fut jamais apporté, dont nous compensons les défauts par des moyens ad hoc, à l'aide de "rustines" qui ne manquent jamais d'amener leurs propres difficultés.

Ce qui fait penser que des systèmes comme le capitalisme marchent, c'est un double phénomène :

- premièrement le fait qu'il est objectivement très avantageux pour un petit nombre et que cette minorité dispose du fait-même des moyens financiers lui permettant de promouvoir l'idée que "cela marche"   (on pense au financement aux Etats-Unis des facultés de sciences économiques par des établissements financiers et par des milliardaires)

- et deuxièmement, le fait qu'aux yeux de la masse à qui l'on réussit à cacher la quasi-impossibilité pour elle d'accéder au petit groupe des bénéficicares du système, son exclusion du nombre des élus peut sembler attribuable à un simple "incident technique" aisément réparable, et dont l'initiative ne semble relever que de la volonté individuelle : "Si je faisais un peu d'exercice...si je me levais un peu plus tôt le matin...", autrement dit, le système tire parti de la prédisposition humaine à l'espérance.

Ce que l'on découvre aujourd'hui, c'est que la logique de tels mécanismes où les incohérences de situations antérieures sont compensées de manière ad hoc - sans volonté de véritablement résoudre avant de passer à l'étape suivante -, les nouveaux grincements aux jointures étant ignorés à leur tour, rencontre ses limitations quand la complexité continue de croître.

Quand on évoque "la main invisible" d' Adam Smith, qui assure que la poursuite égoïste de leurs intérêts privés par des individus contribue au bien commun, on oublie deux choses :

- premièrement qu'il s'agissait peut-être simplement d'un voeu pieux de la part du philosophe écossais,

- deuxièmement que même s'il s'agissait chez lui d'un mécanisme réellement observé en son temps, la compexité croissante intervenue entretemps dans les sociétés humaines a dû entraîner sa disparition à un moment du passé difficile à situer avec précision.

Source : Paul Jorion

http://millesime.over-blog.com

 

Un système efficace est un système avec un Etat de droit qui assure la liberté de chacun et la capacité de chacun d'aller jusqu'au bout de ses ambitions et de l'affirmation de ses compétences. C'est ce que le système politique doit construire. A partir de là, quel est le mécanisme pour permettre l'élévation du niveau de vie, c'est le mécanisme d'allocations des ressources.

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, c'est un défaut de régulation du capitalisme, parce qu'il y a effondrement du sytème politique, et c'est en Europe qu'il y a le moins de vision politique : (raison de l'absence de croissance en Europe)

Tant que nous ne construirons pas un système politique fort en Europe, le capitalisme européen continuera de dysfonctionner.L'Europe a la concurrence fiscale et sociale la plus violente de la planète, qui nous menace plus que les importations venant de Chine ou d'Inde, c'est donc l'incapacité du système politique européen à faire face à ses contradictions qui nous met dans la situation de dégénérescence et de perte d'optimisme.

 

PS : le pacte de responsabilité

l'argent donné aux entreprises ne peut se redistribuer que de deux manières :

1- hausse des dividendes attribués aux actionnaires

2- hausse des rémunérations (salaires, bonus etc..) des dirigeants

Le mécanisme qui transformerait l'argent donné aux entreprises en création d'emplois N'EXISTE PAS ..!