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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 06:09

Le capitalisme est un mécanisme d'allocation de ressources, il a montré qu'il était meilleur en terme de capacité de création de richesse et d'élévation du niveau de vie que l'économie dirigée ou que tous les autres systèmes antérieurs.

Le capitalisme fonctionne que parce que, dans un premier temps, nous compensons le fait que le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires, où elles doivent être mobilisées comme "avances" pour permettre la production ou la consommation.

Si les ressources manquent là où elles sont nécessaires, nous compensons cette distorsion en important le capital de là où il est vers là où il manque, et nous récompensons, dans un cadre de propriété privée généralisée, celui qui consent à ce transfert en lui versant des intérêts.

La pratique des intérêts présente cependant un effet secondaire : une concentration de richesses en découle immanquablement qui fait qu'au bout d'un moment, le capital cesse d'être là où il est nécessaire dans la quasi-totalité des cas, et le système se grippe dans sa totalité.

Chaque fois qu'on oublie que le capitalisme n'est qu'un mécanisme, il y a des disfonctionnements comme ceux observés dans la finance, mais ce n'est pas parce que c'est le capitalisme qui conduit à cela, la question c'est pourquoi la société n'est plus capable, où n'a plus les élites capables de comprendre que l'on doit faire fonctionner ce système dans un Etat de droit.

On en a vu des exemples criants au moment où se dessinent les plus grandes recesssions : ce fut ainsi le cas de l' Amérique en 1929 et également, en 2007, il nous faut alors, dans un deuxième temps, combattre cette concentration du patrimoine qui finit par gripper le système, par différents moyens redistributifs visant à la contrer, tels que l'impôts progressif, l'inflation délibérément provoquée ou, sur un mode involontaire, la guerre.

L'amorce du capitalisme, c'est l'hétérogénéité dans la distribution première des ressources que crée le droit du premier occupant, John Locke, le premier théoricien du liberlisme l'a justifié. Cette hétérogénéité est ensuite renforcée par la pratique des intérêts qui fait que l'argent appelle nécessairement l'argent.

Il en est pour l"économie de marché comme pour le capitalisme : son fonctionnement débouche automatiquement sur son dysfonctionnement : en effet, les plus petits sont inéluctablement éliminés ou absorbés par les plus gros, qui trustent alors des positions dominantes en nombre de plus en plus réduit. Seul moyen de compenser ce mouvement inexorable : imposer une concurrence pénalisant les plus gros, restreignant leur marge de profit et protégeant ainsi les consommateurs.

Encore une fois, comme dans le capitalisme, c'est un mécanisme au dysfonctionnement inscrit dans son principe de base, combattu ensuite par une contre-mesure,qui constitue ce que nous appelons de manière un peu ronflante : "un système qui marche" .

Dans ce cas de l'économie de marché, la situation se stabilise le plus souvent par l'action de deux forces contradictoires : celle naturelle qui élimine la concurrence et celle qui s'efforce au contraire de la maintenir en vie, par la mise en place d'une situation de compromis : une concurrence apparente mais feinte où les producteurs réalisent entre eux des ententes pour fixer les prix à des niveaux plus élevés que ceux qui résulteraient d'une concurrence authentique.

Le consommateur est perdant dans ces situations de pseudo-concurrence dont on le convainc sans trop de mal qu'il s'agit de situations de concurrence parfaite.

Plutôt que d'avoir affaire à des "systèmes qui marchent", ce sont plutôt des systèmes bancals, facteurs de déséquilibre à qui aucun remède ne fut jamais apporté, dont nous compensons les défauts par des moyens ad hoc, à l'aide de "rustines" qui ne manquent jamais d'amener leurs propres difficultés.

Ce qui fait penser que des systèmes comme le capitalisme marchent, c'est un double phénomène :

- premièrement le fait qu'il est objectivement très avantageux pour un petit nombre et que cette minorité dispose du fait-même des moyens financiers lui permettant de promouvoir l'idée que "cela marche"   (on pense au financement aux Etats-Unis des facultés de sciences économiques par des établissements financiers et par des milliardaires)

- et deuxièmement, le fait qu'aux yeux de la masse à qui l'on réussit à cacher la quasi-impossibilité pour elle d'accéder au petit groupe des bénéficicares du système, son exclusion du nombre des élus peut sembler attribuable à un simple "incident technique" aisément réparable, et dont l'initiative ne semble relever que de la volonté individuelle : "Si je faisais un peu d'exercice...si je me levais un peu plus tôt le matin...", autrement dit, le système tire parti de la prédisposition humaine à l'espérance.

Ce que l'on découvre aujourd'hui, c'est que la logique de tels mécanismes où les incohérences de situations antérieures sont compensées de manière ad hoc - sans volonté de véritablement résoudre avant de passer à l'étape suivante -, les nouveaux grincements aux jointures étant ignorés à leur tour, rencontre ses limitations quand la complexité continue de croître.

Quand on évoque "la main invisible" d' Adam Smith, qui assure que la poursuite égoïste de leurs intérêts privés par des individus contribue au bien commun, on oublie deux choses :

- premièrement qu'il s'agissait peut-être simplement d'un voeu pieux de la part du philosophe écossais,

- deuxièmement que même s'il s'agissait chez lui d'un mécanisme réellement observé en son temps, la compexité croissante intervenue entretemps dans les sociétés humaines a dû entraîner sa disparition à un moment du passé difficile à situer avec précision.

Source : Paul Jorion

http://millesime.over-blog.com

 

Un système efficace est un système avec un Etat de droit qui assure la liberté de chacun et la capacité de chacun d'aller jusqu'au bout de ses ambitions et de l'affirmation de ses compétences. C'est ce que le système politique doit construire. A partir de là, quel est le mécanisme pour permettre l'élévation du niveau de vie, c'est le mécanisme d'allocations des ressources.

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, c'est un défaut de régulation du capitalisme, parce qu'il y a effondrement du sytème politique, et c'est en Europe qu'il y a le moins de vision politique : (raison de l'absence de croissance en Europe)

Tant que nous ne construirons pas un système politique fort en Europe, le capitalisme européen continuera de dysfonctionner.L'Europe a la concurrence fiscale et sociale la plus violente de la planète, qui nous menace plus que les importations venant de Chine ou d'Inde, c'est donc l'incapacité du système politique européen à faire face à ses contradictions qui nous met dans la situation de dégénérescence et de perte d'optimisme.

 

PS : le pacte de responsabilité

l'argent donné aux entreprises ne peut se redistribuer que de deux manières :

1- hausse des dividendes attribués aux actionnaires

2- hausse des rémunérations (salaires, bonus etc..) des dirigeants

Le mécanisme qui transformerait l'argent donné aux entreprises en création d'emplois N'EXISTE PAS ..!

 

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