Samedi 7 juin 2008

139 $ le baril hier à New-York !
Au moins 60% de ces 139 $ sont dûs à la spéculation à terme non réglementée, des hedges funds, des banques et des groupes financiers.
Ils utilisent les échanges à terme du ICE Futures de Londres et du NYMEX de New-York, et les échanges inter-bancaires incontrôlés ou négociés hors cote pour échapper à tout examen minutieux.

Les réglements de la Commodity Futures Trading Commission du gouvernement étasunien permettent aux spéculateurs d'acheter du pétrole brut grâce à des contrats à terme sur le Nymex, en avançant seulement 6% de la valeur du contrat.

Le prix en ce moment étant de l'ordre de 130 $ par baril, cela signifie que le spéculateur à terme n'a quà donner environ 10 dollars pour chaque baril et emprunter les autres 120 $ ; Cette "force" exceptionnelle de 16 pour 1 permet d'amener le prix à un niveau follement irréaliste et de ...compenser les pertes bancaires liées aux subprimes et des autres catastrophes au détriment de l'ensemble de la population (mondiale).

"je crois que l'une des choses très importante que l'on doivent réaliser est que la croissance de la consommation pétrolière n'est pas si forte que çà"  a confié David Kelly, principal stratège de l'une des banques leaders mondial de l'industrie pétrolière, au Washington Post.

L'une des fables utilisées pour soutenir la spéculation à terme sur le pétrole est l'allégation de la soif d'importation pétrolière de la Chine qui exploserait hors contrôle en entrainant des pénuries dans l'équilibre de l'offre et de la demande. Les faits ne confortent pas la thèse de la demande chinoise.

Annonce de nouveau grands champs pétroliers en cours

Non seulement il n'y a pas de crise d'approvisionnement pour justifier pareille bulle de prix, mais il exite plusieurs nouveaux gisements pétrolifères gigantesques qui doivent commencer à produire au cours de 2008 pour augmenter l'offre  (contrairement à ce que les ânes-a-lystes et ,soit disant ,experts de tout poil nous racontent à chaque crise depuis  plus de 20 ans)

- Le plus important producteur du monde, l'Arabie Saoudite,
  est en train de finaliser des plans pour renforcer l'activité de forage d'un tiers et accroitre les investissements de 40%. En avril de cette année le gisement de Khursanniyah a commencé le pompage et il ajoutera bientôt 500 000 barils par jour à l'offre mondiale en pétrole brut. Le développement des champs pétroliers de Khurais augmentera la capacité de production de 1 millions de barils par jour d'ici 2009.

Pétrobras au Brésil est dans un phase d'exploitation initiale des réserves pétrolières offshore de son gisement de Tupi. Les estimations récentes ont confirmé qu'elles pouvaient être aussi grandes ou plus grandes que celles de la Mer du Nord. Pétrobras dit que le nouveau gisement ultra-profond de Tupi pourrait contenir jusqu'à 8 milliards de barils de pétrole exploitable. ( Le Brésil va bientôt être classé dans le " top 10 " mondial des producteurs pétroliers  entre le Nigéria et le Vénézuela.)

Aux Etats-Unis, à part les rumeurs disant que les grandes compagnies pétolières délaissent délibérément les immenses réservers en Alaska, de crainte que l'offre excédentaire ne fasse plonger le prix de ces dernières années, l'US Géological Survey (USGS° a publié un rapport qui a confirmé de nouvelles grandes réserves pétrolières dans la région appelée Bakken. L'USGS estime que Bakken contient jusqu'à 3,5 milliards de barils de pétrole.

Le problème majeur auquel est confrontée la grande industrie pétrolière n'est pas de trouver de quoi remplacer le pétrole, mais de contrôler les découvertes pétrolières mondiales pour maintenir le prix exorbitant actuel. Elle est aidée en cela par les banques de Wall Street et les deux grandes sociétés d'échanges pétoliers : NYMEX et ICE Future d'Atlanta-Londres.

Aujourd'hui, le prix du pétrole,comme  il y a vingt ans, est déterminé, à huis clos dans les chambres de commerce d'institutions financières comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Deutsche bank ou USB ..( dont les membres sont tous d'éminents TRILATERALISTES..!).

Dans ce jeu, l'échangeur clef est le London ICE Futures Exchange ( autrefois International Petroléum Exchange). ICE Future est une filiale possédée intégralement par Atlanta Georgia International Commodities Exchange. ICE Atlanta a été fondée en partie par Goldman Sachs, qui dirige aussi l'indice des prix des matières premières les plus utilisées dans le monde.

Il n'est donc pas surprenant de voir, dans un rapport du 6 mai à Reuters, que Goldman Sachs annonce que le pétrole pourrait être proche d'un "autre pic" qui fera peut-être monter le prix du baril de pétrole jusqu'à 200 $ dans les six à 24 prochains mois. Ce titre , 200 $ le baril, devient le principal reportage sur le pétrole? Combien de "moutons crédules" suivront derrière avec l'argent de leurs paris?

On peut être surpris et frappés par une série sans fin d'arguments plausibles sur le prix du pétrole ; " super risque de terrorisme"; élévation "foudroyante" de la demande chinoise et indienne; troubles dans la région pétrolifère nigérienne, " explosion "  d'oléoduc en Irak , possible guerre contre l'Iran...et au-dessus de çà, la matraquage du pic pétrolier.

"Il y a quelques managers de hedge funds qui maitrisent la connaissance de la manière d'exploiter la théorie du pic pétrolier et le sujet brûlant de l'offre et la demande, et en prédisant audacieusement la progression choquante des prix à venir, ils ne font qu'ajouter davantage de carburant au feu de la spéculation dans une sorte de prophetie qui se réalise"


Par romainwa - Publié dans : économie mondiale
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