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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 18:22

Question à 1 000 milliards de $...quel journal a-t-il osé titrer
 "le moment est venu d'envoyer Wall Street en prison"
L'odieux coupable n'est autre que le très sérieux mensuel américain "Fortune", la bible du capitalisme anglo-saxon, celui qui publie chaque année le classement des plus gros comptes en banque de la planète.
Fortune va même plus loin en sous-titrant "rendez l'argent"

 

Sous entendu: vous, messieurs les actionnaires, qui vous êtes goinfrés de dividendes indécents pendant des années, vous messieurs les patrons, qui vous êtes  gavés de revenus démentiels, vous messieurs les traders,

messieurs les managers de Fonds spéculatif, qui avez été rassasiés de bonus obscènes, vous messieurs les
chefs d'entreprise, qui avez bénéficié de subventions publiques et d'exonérations fiscales en tout genre, vous messieurs les banquiers, que les Etats sont en train de sauver de la faillite à coup de milliards...

L'heure est enfin venue de partager et de redistribuer...osons dire...de faire preuve de solidarité, pour ne pas dire de civisme

Selon le quotidien " les Echos"  les trois plus grandes banques françaises ( BNP Paribas, Société générale et Crédit Agricole ) vont dégager en 2008, 9 milliards de € de profits. Résultat inouï, sidérant, suffocant même, dont le tiers au moins, sera reversé sous forme de dividendes aux actionnaires.

( Le secteur financier, de dérégulation en déréglementation, a pu acquérir, relativement à l'économie réelle, une prépondérance inconnue jusqu'à présent. Alors que les profits de la finance ne représentaient que 14% du total réalisé par les entreprises américaines en 1960, ce chiffre atteignait 37% en 2007.)

Comment expliquer aux citoyens français que l'Etat -(c'est à dire nous les citoyens) - vient de prêter 10,5 milliards d'€ à ces banques, et qu'il s'apprêter à leur accorder une nouvelle ligne de crédit de 10,5 milliards, que ces établissements prêtent toujours aussi peu d'argent aux entreprises en difficulté et aux particuliers.
Situation inexplicable, injustifiable, insupportable.

L'Etat va  de nouveau recapitaliser les banques françaises pendant que celles-ci, comme si de rien n'était, s'apprêtent à distribuer des dividendes himalayens.
Or ces banques disposent d'une autre source de financement à toute épreuve : La Banque Centrale Européenne (B.C.E) qui leur a ouvert comme jamais les vannes du crédit pour éviter la rupture totale des circuits financiers tant redoutée après la faillite de l'américain Lehman Brothers, le 15 septembre dernier.

Depuis l'automne, les réseaux bancaires français ont obtenu plus de 20 milliards des fonds d'épargne de la Caisse des dépôts qu'elles ont ensuite prêtés, du moins on l'espère, aux PME au bord de l'asphyxie. Mieux encore,depuis le 1er janvier, toutes les banques commerciales ont désormais le droit de distribuer le livret A, autrefois monopole de la Caisse d'épargne, de la >Poste et du Crédit mutuel.

Même Jacques Marseile, économiste et essayiste apprécié de la droite la plus libérale, s'étouffe à l'idée d'un tel gâchis  "le bilan de la BNP Paribas c'est 1 800 milliards d'€, quasiment le PIB de la France. Voilà la preuve que ces 10 milliards d'€de fonds propres en plus ou en moins ne font aucune différence "

 

Nicola Sarkozy qui entend, affirme-t-il "moraliser le capitalisme" ne craint donc pas d'abreuver en fonds publics ces établissements bancaires qui ,pendant des années, ont engrangé des milliards de profits. Ainsi, BNP Paribas, qui fut longtemps figure de modèle ; de 2003 à 2007, a banque présidée par Michel Pébereau, par ailleurs conseiller du prince et de ses ministres, a dégagé près de 30 milliards d'€ de bénéfices nets. Sur la même période, 11,5 milliards ont été versé sous fore de dividendes et près de 5 milliards ont été consacrés aux rachat d'actions. Au total, ce sont 16,5 milliards qui ont été versés aux actionnaires. Plus de la moitié des bénéfices !
Cette hémorragie a fragilisé les fonds propres de l'entreprise, alors même que son bilan grossissait avec la bulle.

La solvabilité de la banque s'est fortement dégradée, son ration passant de 9,5% en 2003 à 5,9% fin 2008.

En décembre dernier, BNP Paribas a donc reçu un premier chèque de 2,55 milliards de la part de la société de prise de participation de l'Etat (SPPE).

Ce prêt n'est assorti d'aucune obligation, (hormis le versement d'un intérêt de 8%). Rien n'oblige les banques à utiliser cet argent frais pour faciliter l'accès au crédit des entreprises en particulier.
Mieux, les banques pourront, si elles le souhaitent, rembourser ces "obligations convertibles" à leur guise, voire les conserver "ad vitam eternam".
Bref l'Etat est incapable de dire comment cet argent sera utilisé.

Dans cet étrange contexte, les patrons seront aussi bien servi que les actionnaires. Le gouvernement avait promis que, grâce au code de bonne conduite du Medef, on verrait enfin disparaître bonus extravagants, parachutes dorés choquants retraites chapeau démesurées et stock-options déraisonnables; Une enquête du cabinet Hewitt Associates contredit ce voeu pieux. C'est ce que disait déjà, en décembre dernier, la Compagnie nationale des commissaires aux comptes. Pourquoi se gêner, d'ailleurs, puisque le gouvernement repousse chaque mois l'idée de légiférer...!

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commentaires

Z
Bonjour!Merci pour cet articlePuis-je savoir d'où il est tiré? Merci Cordialement