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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 10:48

Par J-C Werrebrouck
professeur d'économie à l'université de Lille 2

Le système financier a plus que largement démontré sa capacité de nuisance sur les affaires humaines.
Après les mesures d'urgence requises pour éviter l'effondrement généralisé, le temps est venu d'entamer une refonte de la finance restreignant drastiquement sa liberté d'action, son emprise,sa puissance, afin de limiter sa dangerosité.

Voici ce que les chefs de gouvernement auraient pu déclarer, s'agissant de la régulation financière à l'issue du G20 de Pittsburgh :

Considérant qu'en septembre 2008, le monde n'a échappé que d'extrême justesse à un effondrement monétaire complet, effondrement jusqu'ici jamais rencontré dans l'histoire ;

Considérant que le dit effondrement était lié à des phénomènes spéculatifs de très grande ampleur, eux mêmes reliés à des endettements publics et privés d'une exceptionnelle amplitude ;

Considérant que l'ensemble de la régulation financière s'est nourrie à partir d'une représentation savante de la réalité des marchés financiers ;

Les chefs de gouvernement décident de faire rentrer dans le droit positif de chaque Etat ou groupe d'Etats représentés les dispositifs suivants :

1) il est mis fin à la déspécialisation des systèmes bancaires. Chaque système national est désormais composé de banques commerciales et banques d'investissement totalement séparés tant du point de vue juridique que du point de vue de la gestion.

2) Aucune banque qu'elle qu'en soit la nature ne peut dépasser un total de bilan représentant le 1/10 du PIB de l'Etat dans lequel elle déploie ses activités.

3) Les activités de titrisation mises en place au début des années 90 sont mises en extinction.

4) Les activités de trading ne se conçoivent que pour le compte de tiers, ce qui entraine un interdit général de ces mêmes activités pour le compte propre des banques.

5) Les effets de levier sont limités aux niveaux atteints au seuil des années 2000, soit un levier indépassable de 12;

6) Les activités financières sur les marchés de taux, et sur les marchés des matières premières et des produits de base, ne sont autorisés qu'aux seuls acteurs de l'économie réelle.

7) Les activités sur les marchés de produits dérivés sont réservés aux seuls acteurs de l'économie réelle.

8) Les plus-values de court terme (moins de 1 an) sont taxées à 100% et sont internationalement redistribuées en faveur du bien commun de l'humanité. Les plus-values de long terme (5 ans et plus) sont entièrement défiscalisées.

9) Les innovations financières ne peuvent être mises en pratique sans une étude approfondie, d'une instance internationale seule habilitée à autoriser la mise sur le marché des dites innovations.

10) Le régime fiscal s'appliquant à la distribution de crédits aux entreprises voit son assiette reposer sur une incitation à l'augmentation du volume des prêts accordés.

Au-dela, les chefs
de gouvernement s'engagent à démocratiser et à confier des pouvoirs supranationaux aux différentes instances internationales de régulation économique et financière, l'objectif général étant de réduire les graves déséquilibres de comptes extérieurs de nombreux pays, et des monnaies qui leurs sont associées.

(signatures des représentants des 19 pays les plus importants de la planète et du représentant de l'Union Européenne     Fait à Pittsburgh le ...)

Hélas, ces imaginaires décisions, ne relèvent pas de l'utopie, et seront peut-être prises un jour...
trop tardivement et dans un climat-
(l'approfondissement de la crise aidant)
- beaucoup plus lourd.

Etrange communauté de vue avec Newropéans...que de points communs..!!!

Le ralentissement actuel de la vitesse d'effondrement de l'économie mondiale, n'a été rendu possible que par l'immense effort de soutien financier public mondial des douzes derniers mois.
Mais le 'temps gagné" grâce à l'argent des contribuables du monde entier aurait dû être consacré à la remise à plat du système monétaire international puisqu'il est au coeur de la crise actuelle.
Pourtant, malgré les immenses cadeaux faits aux banques américaines et européennes, rien de sérieux n'a été entrepris de sorte que pour l'avenir le chacun pour soi s'impose désormais...!
(newropeans magazine)

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