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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:24

le 20 mars 2009, Franck Biancheri signait dans l'édition mondiale du "Financial Times" une lettre ouverte de

LEAP/2020 aux dirigeants du G20 qui allaient se réunir à Londres la semaine suivante.

Ce texte prédisait dans son introduction que si les trois recommandations qu'il contenait n'étaient pas mises en oeuvre au plus vite, au lieu d'une crise de trois à cinq ans, le monde s'enfonçait dans une crise de plus d'une décennie.

 

Nous sommes deux ans et demi plus tard, et hélas, il est évident que non seulement la crise révélée en 2008 n'est pas réglée (contrairement à ce que n'ont cessé d'affirmer la plupart des responsables politiques, financiers et économiques au cours de ces deux dernières années), mais qu'elle est au contraire en train de s'aggraver par la perte de confiance dans les devises papiers et le système bancaire occidental (dont le retour au premier plan de l'or comme valeur-refuge est le meilleur indicateur).

 

Nous assistons à la rechute de l'économie mondiale dans la récession, à la hausse continue du chômage occidental, à l'endettement public explosif des pays occidentaux et au malaise croissant des puissances émergentes devant un ordre ancien qui refuse de penser sa succession.

 

En 2009 LEAP/2020 donnait trois conseils aux dirigeants du G20 :

- En priorité, créer une nouvelle devise internationale de référence en lieu et place du dollar US désormais incapable de tenir le rôle pilier du système monétaire mondial.


- parallèlement, faire en sorte que la puissance publique prenne le contrôle des grandes banques devenues de véritables "trou noir" à liquidités, que ce soit par la nationalisation ou d'autres méthodes.


- enfin, faire réaliser par le FMI un audit en profondeur des systèmes financiers américain, britannique et suisse au coeur de la planète financière.

 

Sans ces réformes "essentielles" et leur mise en oeuvre rapide après le sommet du G20 de Londres, LEAP/2020 indiquait que la fenêtre d'opportunité de refermerait pour plusieurs années.

 

Aujourd'hui tout le monde se rend compte qu'il y a eu près de trois années perdues puisque les mêmes thématiques restent d'actualité.

 

Pour LEAP/E2020 il est donc temps, à la veille du nouveau sommet du G20 qui se tiendra à Cannes les 3/4 novembre 2011, de poursuivre l'effort initié en 2009. Cet effort a pour but d'éviter que le monde plonge dans "le scénario tragique pour la décennie 2010/2020. Et le temps parait propice puisqu'une nouvelle "fenêtre d'opportunité" va s'ouvrir en 2012, pour une durée de deux ans maximum.

 

Une nouvelle fenêtre d'opportunité pour l'action du G20 s'ouvre en 2012.

Au cours de l'année 2012, les dirigeants de près de la moitié des pays du G20 vont être renouvelés.

Ce sera le cas pour le Mexique, la Corée du Nord; les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde, La France, l'Italie et probablement l'Allemagne. A partir de la fin 2012, le sommet du G20 réunira donc des leaders politiques élus

"dans la crise", et non avant comme c'est le cas actuellement.

 

De ce fait, la préparation des sommets pour 2012, 2013 et 2014 ne sera plus paralysée ou parasitée par nombre de "tabous", d'impossibilités ou à l'inverse de "certitudes obsolètes ou "d'évidences qui n'en sont plus" appartenant au monde "d'avant" la crise. Cette nouvelle génération de dirigeants ne pourra pas prétexter découvrir une situation à laquelle elle n'a pas été préparée.

Elle ne pourra pas non plus prétendre ne pas avoir été prévenue des opportunités à saisir pour faire prendre à la planète un chemin de transition pacifique vers le monde d'après la crise.

 

La récente prise de conscience générale (depuis le début du second semestre 2011) du fait que tout reste à faire pour tenter de surmonter la crise systémique globale crée pour un an ou deux maximum une situation propice à l'audace politique.

 

Epuisées par les conséquences de la crise et effrayées par l'inefficacité des actions entreprises pour la résoudre, partout les opinions publiques sont prêtes à soutenir ou accompagner des bouleversements majeurs de l'ordre qui a prévalu des dernières décennies, tant au niveau socio-économique qu'en terme géopolitiques.

(Les dirigeants actuels, FMI en tête, viennent d'ailleurs de renouveler ce week-end leur soutien aux banques...de sorte que l'inefficacité va encore perdurer ..!).

 

Mais là aussi, il faut garder à l'esprit que cet état d'esprit ne sera positif que s'il est exposé à des projets de solution ambitieux et reflétant l'intérêt du plus grand nombre, et que sinon, il se transformera partout  dès 2013 en colère destructrice, ciblant les systèmes et dirigeants en place.

 

Les trois priorités stratégiques du G20 pour construire l'avenir dès 2012/2013

 

1° priorité: lancer dès 2012 (au plus tard) le processus de création d'une nouvelle devise de réserve mondiale.

la méthode la plus simple serait à ce stade de transformer les DTS en ce nouvel instrument monétaire mondial en lui donnant un nom et en retenant les devises des principales économies mondiales dans son panier de définition de valeur : dollar US, euro, Yen, Yuan, Réal, Rouble, devise des pays du Golf, Rand, et peut-être l'or qui est redevenu de facto une devise-refuge. Il s'agit de refonder le système monétaire mondial sur l'économie réelle, donc exit les devises financières comme la livre sterling et le franc suisse.

(La difficulté vient de l'émergence au niveau du G20 d'une volonté politique déterminée à tenir un calendrier pour créer et lancer cette nouvelle devise. Cette volonté, existera potentiellement dans un sous-groupe du G20 composé de l'Euroland, des BRICS et de plusieurs pays émergents).

Les changements politiques à la tête des principaux pays de l'Euroland comme l'actuelle confrontation croissante entre d'une part l'Euroland et d'autre part Wall Street et la City vont créer d'ici 12 mois les conditions d'une convergence Euroland-BRICS sur un tels agenda.

Sans un "étalon fiable" il n'y a pas de système économique et financier stable. C'est en cela que cette priorité est sratégique : sans elle, rein ne peut se faire de significatif ou de durable puisque toute mesure se trouve pervertie par un étalon dollar US devenu fragile, élastique et imprévisible.

 

2° priorité : Mettre sous tutelle publique partielle ou complète dès le début 2013 au plus tard, l'ensemble des principaux établissements financiers mondiaux. La liste est connue désormais puisque ce sont ceux qu'à la demande du G20, le Financial Stability Board qualifie de systémiques.Il faudrait y ajouter les principaux établissements des pays BRICS car il est évident que plusieurs d'entre eux deviendront "systémiques" d'ici cinq ans.

 

3° priorité : lancer fin 2012 un vaste programme décennal d'infrastructures publiques à l'échelle mondiale. Par "infrastructures" LEAP/E2020 intègre l'ensemble des services publiques essentiels comme l'éducation, l'accès aux soins et aux services de base (eau, électricité, télécommunication) et quelques programmes scientifiques (médecine, spatial, énergie). Il s'agit par ce biais de soutenir durablement la croissance mondiale en utilisant au mieux les déséquilibres actuels en matière  de ressources financières : les pays bénéficiant d'exédents trouvant ainsi un moyen utile et sûr de les recycler.

 

Le fond et la forme étant étroitement liés, il est essentiel que dès la fin 2012 le monde puisse constater un changement radical dans le processus de localisation géographique des travaux du G20, et au-delà, dès 2013 de la gouvernance mondiale. L'urgence et la complexité des travaux du G20 dans cette période légitime la tenue de deux sommets du G20 par an. Après celui prévu au Mexique mi-2012 il faut donc en prévoir un au quatrième trimestre 2012 afin que l'ensemble des nouveaux dirigeants élus de l'année puisse commencer à peser sur les travaux et l'agenda de l'institution.

 

Il est logique et inévitable qu'à partir de 2013/2014 s'ouvre le débat sur la relocalisation des grandes institutions internationales afin d'assurer que la géographie de la gouvernance globale d'après la crise reflète le monde réel et non plus celui de 1945.  Loin d'être des détails, ces changements touchent au coeur du processus décisionnel et seront des atouts en termes de conviction des opinions publiques, pour qu'elles sentent bien qu'il y a un changement historique en cours dans la tête de ceux qui les dirigent et pas seulement dans les communiqués de leurs rencontres .

 

extrait de LEAP/E2020

 

 


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commentaires

B
<br /> <br /> Ils ont tous la même idée : nous faire payer la crise d’un système économique au bord de l’asphyxie. De la Grèce au Portugal, en passant par l’Italie, la France ou l’Allemagne ce sont les<br /> travailleurs qui doivent accepter l’austérité pour rembourser la dette des États. Pourtant la dette publique provient des exonérations et réformes fiscales qui ont bénéficié aux entreprises et<br /> aux plus riches. Elle est aussi le résultat de tous les plans de sauvetage des banquiers qui ont permis à ces derniers de spéculer de plus belle, y compris contre les États !<br /> <br /> <br /> http://2ccr.unblog.fr/2011/10/10/refusons-de-payer-leur-crise/<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> <br /> la crise a des causes multiples, pas simplement des banques, les Etats en particulier la France a toujours emprunté sur les marchés pour cause de déficit budgétaire, (quel que soit les<br /> gouvernements).<br /> <br /> <br /> Ce que l'on peut remarquer c'est su'en 1973 la loi du 3 janvier, interdisait au Trésor d'emprunter aurpès de la Banque de France, ce qui a fait la "fortune" des banques, puisque passage obligé.<br /> <br /> <br /> d'autre part le développement extraodinaire des produits dérivés a permis bien des désagréments, de sorte que la séparation des banques de dépot des banques d'affaires serait une très bonne<br /> chose, hélas le directeur de la Banque de france y est hostile.<br /> <br /> <br /> Dans l'attente une interdiction des paris sur les fluctuations de prix pourrait être suggéré, mais là aussi hostilité de la City et Wall Street..!<br /> <br /> <br /> <br />