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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 17:25

"93 ans. La fin n'est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance".

 

Réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, co-rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme en 1948, élevé à la dignité d'Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d'honneur.

 

Pour Stéphane HESSEL, le "motif de base de la résistance, c'était l'indignation".

 

Les raisons de s'indigner dans le monde complexe d'aujourd'hui peuvent paraître moins nettes qu'au temps du nazisme, certes, mais l'écart entre les très riches et les très pauvres, la course au "toujours plus ", à la compétition, la dictature des marchés financiers et jusqu'aux acquis bradés de la Résistance - retraites, Sécurité sociale..-, en sont la démonstration.

 

Franck Biancheri ajoute :

L'éloignement grandissant de la période de la seconde guerre mondiale et la globalisation se sont conjugués pour permettre aux forces européennes des années 1920/1930 de revenir en force déguisés sous les habits de la "modernité" et du "néo-libéralisme", qui ne sont que les versions actualisées de la loi du plus fort, cette "liberté" d'écraser les faibles.

 

C'est justement cette "loi du plus fort" qu'ont réussi à maîtriser pour un temps ceux (dont Stéphane Hessel fait partie) qui ont écrit l'Histoire il y a soixante-cinq ans par la défaite du nazisme, la Résistance et la reconstruction de l'Europe autour d'un projet commun.

 

Mais avec la crise globale qui marque la fin du monde tel qu'on le connait depuis 1945, c'est cette victoire transitoire qui est remise en cause.

 

Rien dans l'histoire n'est jamais acquis. Chaque génération doit faire face aux défis de son époque. Et notre époque, donc dans un cadre désormais mondial, et non plus seulement européen, est le théâtre d'un nouvel épisode de ce contrat entre ceux qui pensent que la race, la naissance ou Dieu leur donne le droit de diriger, de piller, d'écraser...; et ceux qui pensent que la légitimité du pouvoir tient à ses valeurs morales, à son aptitude à prendre en compte l'ensemble de la société et que la responsabilité est une charge provisoire et non pas un privilège inné ou acquis.

 

C'est ce qu'a mis en oeuvre le programme du Conseil National de la Résistance après guerre, comme ce fut le cas sous diverses formes pour les autres pays d'Europe occidentale. C'est aujourd'hui ce qui est menacé, sous couvert de "réalisme économique" quand il ne s'agit pas d'idéologie.

 

Indignons-nous comme le recommande le livre de Stéphane Hessel. Et que cette indignation serve de moteur aux actions collectives et individuelles qui à nouveau permettront de remettre sous contrôle cette "loi du plus fort" en pleine résurgence.

 

Espérons cette fois-ci que nous pourrons faire l'économie d'un conflit global :

le meilleur moyen pour l'éviter c'est ne pas attendre pour agir.

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