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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 13:46

L'abrogation en 1999 de la loi Glass-Steagall, qui établissait depuis 1933 un pare-feu entre les activités bancaires "normales" (dépot, crédit, gestion de compte) et la spéculation, est à l'origine de la crise généralisée du système.

 

Son retour ( voeu pieux ?) décidera des chances d'en sortir.

 

La bataille politique dans le monde autour de Glass-Steagall n'est pas réservée aux experts économistes car son abrogation a été le fruit d'un effort concerté sur quinze ans contre les intérêts des peuples. Wall Street a opéré sa manoeuvre dès 1984 et n'a pas hésité à déclencher une procédure de destitution contre un Président américain pour arriver à ses fins.

 

En 1984 alors qu'Alan Greenspan était directeur de JP Morgan, une équipe de cette banque prépara en interne une étude intitulée "Rethinking Glass-Stagall" (repenser Glass-Steagall),dont le rédacteur était un certain William C.Dudley, désormais président de la Réserve Fédérale de New-York. Après avoir quitté JP Morgan, il fit carrière pendant vingt ans chez...Goldman Sachs, pour en devenir directeur associé, avant de prendre la tête de la FED de New-York sur recommandation de l'actuel secrétaire au Trésor Timoty Geitner, au tout début du gouvernement Obama.

 

Le document plaide pour l'élimination pure et simple de la loi Glass-Steagall. En 1984, La Réserve Fédérale n'était pas encore dotée de l'autorité pour abroger les dispositifs de cette loi. Trois an plus tard, lorsqu' Alan Greenspan en prend la présidence, il passe rapidement à l'action. Suite au krach de 1987, il exploite une ambiguïté juridique dans la loi bancaire adoptée au milieu des années 1950, accordant au président de la FED une prérogative limitée pour autoriser les banques de dépot à s'engager dans certaines activités de courtage normalement réservées aux banques d'investissement, mais uniquement sur une base restreinte et à hauteur de 5% maximum.

 

Greenspan fera passer ce pourcentage à 25% au milieu des années 1990 ! s'il s'agit d'une brèche importante dans le pare-feu entre banques de dépôt et banques d'investissement, la loi Glass-Steagall reste encore en vigueur, interdisant la fusion formelle de tels établissements.

 

En 1998, le directeur de Travelers Insurance, de concert avec la Citibank élaborent un accord suivant lequel Citibank obtient de Greenspan l'autorisation provisoire de racheter Travelers Insurance, qui détient également une firme de courtage dénommée Smith Barnez French. L'autorisation provisoire accordait à la banque deux ans pour se mettre en conformité avec la loi Glass-Steagall, ce qui voulait dire que Greenspan se donnait deux ans pour abroger la loi. Dès lors la Citibank dépensera un trésor de guerre de 100 millions de dollars pour faire du lobbying en faveur de l'abrogation de la loi Glass-Steagall, sans parler des autres banques.

 

Au même instant, dès 1997, le président Clinton étudiait sérieusement la possibilté d'une nouvelle architecture financière internationale qui favoriserait "l'investissement à long terme" plutôt que la spéculation croissante.En septembre 1998, dans un discourt devant le Council on Foreign Relations (CFR) et en pleine crise financière asiatique, Bill Clinton annonce son projet.

 

A l'époque il envisageait sérieusement de convoquer une nouvelle conférence de Bretton Woods. Comme par hasard, c'est à cette période que l'opération "Monica Lewinsky" fut ressortie contre Clinton, menant à une procédure d' impeachment en décembre 1998, ce qui neutralisa son projet de réforme et permit d'imposer l'abrogation du Glass-Steagall.

 

Dès novembre 1999, avec l'aide du secrétaire au Trésor de l'époque Larry Summers ( aujourd'hui conseiller économique en chef de Barak Obama) Greenspan réussit à faire adopter une loi remplaçant et éliminant les critères de Glass-Steagall, loi baptisée au Capitole la "loi de Sandy" et "proposition Citi-Travelers".

 

On retrouve toujours les mêmes personnages et ils sont  pratiquement tous  passés par la banque 

 d'investissement Goldman Sachs...(voire le CFR)..!

 

C'est bien les intentions politiques qui déterminent le sens de l'histoire...!

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