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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 17:13

Lu dans l'hebdomadaire Marianne
Derrière leur façade respectable, nos grands dirigeants, s'adonnent toujours, malgré la crise, à leur travers :
la collusion avec le monde politique et le trafic d'influence.

C'est un pavé de plus de 700 pages pour raconter l'histoire du capitalisme français, du compromis social de 1945 à "l'ere des tueurs" celle des patrons des années 2000, adeptes du toujours plus de fric et du toujours moins de règles. Sept cents pages pour dresser le portrait du patronat tricolore, des trente glorieuses à la crise financière de septembre 2008, ses méthodes, ses réseaux, ses lobbies, sa consanguinité aussi et, bien sûr, ses dérives et ses excès.

Histoire secrète du patronat : le vrai visage du capitalisme français
(éditions La Découverte)
Ce livre dont le titre sonne comme une urgence, s'ouvre sur une phrase d'Alain Minc, l'homme qui a tant vanté l'économie dérégulée.
Le 23 mars dernier, dans "Le Figaro" il lançait cet avertissement, inattendu de sa part, à ses
"amis de la classe dirigeante"
"Mesurez-vous que le pays a les nerfs à fleur de peau, que les citoyens ont le sentiment, fût-il erroné, de subir une crise dont nous sommes tous à leurs yeux les fautifs?" (...) Sentez-vous le grondement populiste, la rancoeur des aigris mais aussi le sentiment d'iniquité qui parcourt, comme une lame de fond, le pays?"

Or, ce qui ressort de cette longue enquête dirigée par les journalistes Benoit Collombat et David Servenay avec Frédéric Charpier, Martine Orange et Erwan Seznec, c'est que si, à la faveur de la crise, les patrons français semblent montrer profil bas, ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour que rien ne change.

On découvre ainsi, que, malgré la crise,malgré le cortège de licenciements, les dirigeants français continuent de se verser les plus gros salaires européens, qu'ils se gavent de stock options et amortissent leur chute éventuelle avec des parachutes de plus en plus dorés. On comprends aussi comment les tenants de la contre-révolution libérale, notamment sous les coups de boutoir du lobby des assureurs et de l'industrie pharmaceutique, n'ont pas abandonné, loin s'en faut, l'idée de démanteler le fameux modèle social français.

En réalité, la crsie financière, ajoutée au scandale de "la caisse noire" de l'IUMM lève le voile sur le fonctionnement réel du capitalisme français. Derrière la façade respectable du patronat, au-delà des apparences de l'histoire officielle, celle des manuels scolaires, se profile une autre histoire, secrète, presque indicible, jonchée d'escroqueries, d'arnaques en tout genre et de trafic d'influence à haute dose.

Une sorte de "livre noir" où les patrons et leurs représentants syndicaux cohabitent, dans une proximité de tous les dangers, avec le monde politique.
Paradoxalement, à l'heure où certains redécouvrent, non sans cynisme, les vertus du keynésianisme, les plus grandes entreprises, en France comme ailleurs, ne se sont jamais autant affranchies des lois :
paradis fiscaux (oui, oui il y en a toujours), places financières offshore, triche comptable...
Dès lors, doit on se contenter de "moraliser le capitalisme"  comme le proposent les chefs d'Etat du G8, ou bien changer les règles, toutes les règles ?
Il convient de lire ce livre..;!

Quelques extraits en guise d'amuse bouche :

Elle désigne son ventre, er lâche ce cri du coeur : "l'UIMM, je l'ai là"
Une façon assez directe de signifier à son interlocuteur que les dirigeants de la métallurgie lui ont mené la vie dure et ruiné sa santé. Avec son chignon sage, son collier de perles, son chat sur les genoux, et son engagement en faveur de l'ordre de Malte, Annick Lepage n'affiche pas les signes extérieurs d'une "gauchiste" en révolte contre l'ordre établi. Pourtant, cette mère de famille aujourd'hui installée en Bretagne est devenue le pire cauchemar de la branche la plus influente du patronat (..)
Ancienne chargée de mission, de juillet 1996 à novembre 2001, de la Fédération des indutries mécaniques (FIM), une composante de l'UIMM, Annick Lepage a dénoncé le détournement de l'argent d'un centre de formation professionnelle de la FIM, Formeca Formation, abondé par des fonds publics, notamment par la taxe d'apprentissage.
Ce centre a fermé ses portes fin 1997, mais Annick Lepage a payé le prix fort pour avoir osé briser l'omerta. Licenciée économique après un premier arrêt maladie, elle subit depuis un véritable harcèlement de sa hiérarchie et de l'IUMM car l'argent de la formation professionnelle et de l'apprentissage constitue une tirelire de plus de
25 milliards d'euros par an, dont plus de 10 milliards viennent des entreprises.
La véritable "caisse noire" du patronat, très éloignée des grands principes à l'origine du système....

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