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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 05:27

En juillet 2011, Washington a rejoint le "sirtaki énergétique" grec.


La secrétaire d'Etat Hillary Clinton s'est rendue à Athènes en ayant en tête les questions énergétiques. Elle était accompagnée de son envoyé spécial pour l'énergie eurasienne, Richard Morningstar. Ce dernier a été le conseiller spécial du président Bill Clinton, chargé de la diplomatie énergétique de Washington dans les batailles géopolitiques visant à démembrer l'ex-Union soviétique et à faire encercler la Russie alors plongée dans le chaos d'anciens Etats de l'URSS pro-OTAN.

 

Morningstar et le très controversé Matthew Bryza ont été les principaux architectes à Washington des projets étasuniens d'oléoducs et de gazoducs consistant à couper la Russie et ses ressources en gaz de l' Union européenne. Bryza est un opposant déclaré à l'oléoduc russe de South Steam qui passe à travers les pays de l'Est de la Méditerran"e. L'administration Obama n'est pas neutre concernant les nouvelles découvertes de pétrole et de gaz. Trois après qu'Hillary Clington ait quitté Athènes, le gouvernement grec a proposé la création d'une nouvelle agence gouvernementale pour gérer les appels d'offre en matière de prospection et de forages.

 

Morningstar est le spécialistes étasunien de la guérilla économique contre la politique énergétique russe. Il fut décisif dans le maintien du controversé oléoduc BTC qui part de Bakou, rejoint Tlibissi en Géorgie et va jusqu'au port Turc de Ceylan, une coûteuse entreprise conçue uniquement pour éviter un transit via la Russie. Il a ouvertement proposé que la Grèce et la Turquie abandonnent leurs différents historiques concernant Chypre, ainsi que de nombreuses autres questions et s'entendent pour gérer conjointement leurs réserves de pétrole et de gaz en mer Egée. Il a également dit au gouvernement grec qu'il devait oublier la coopération avec Moscou sur le gazoduc South Stream ainsi que le projet de gazoduc Bourgas-Alexandroupolis.

 

Selon un rapport de l'analyste politique Aristote Vassilakis publié en juillet 2011, l'objectif de Wahsington en poussant ainsi la Grèce et la Turquie à unir leurs forces sur le pétrole et le gaz réside dans le  partage prévu des revenus de ces exploitations. Selon son rapport, Wahsington propose que la Grèce obtienne 20 %  du chiffres d'affaires, la Turquie 20 % et la société etats-unienne Noble Energy, société qui a déjà assuré le forage dans les euax israéliennes et au large des côtes grecques, obtiendrait la part du loin, c'est à dire 60 % ...!

 

Bill, l' époux de la secrétaire d' Etat Hillary, est lobbyiste à Washington pour le compte de Noble Energy..!

 

Comme si ces complications géopolitiques ne suffisaient pas, Noble Energy, a également d"couvert d'énormes volumes de gaz au large de la République de Chypre. En décembre 2011 la compagnie a annoncé un forage réussi dans la zone dont on estime qu'elle recèle au moins 200 milliards de m3 de gaz naturel. Charles Davidson, le directeur général de Noble Energy, a fait remarquer à la presse que " cette dernière découverte démontre que ce bassin est de première importance au niveau mondial, en terme de quantité et  de qualité" .

 

Chypre est une pièce compliquée sur l'échiquier. Des documents déclassifiés du gouvernement étas6unien des années 1970 révélés récemment, montrent qu' Henry Kissinger, qui était alors le secrétaire d'Etat, aurait activement encouragé et facilité l'armement du régime turc de l'ancien élève de Kissinger à Harvard et premier ministre Bulent Ecevit pour organiser une invasion militaire de Chypre en 1974, ayant pour effet la partition ethnique de l'île entre un espace turc au nord et un autre grec et chypriote au sud; une division qui perdure encore aujourd'hui. La stratégie de Kissinger, soutenue par les Britanniques, était destinée à créer un prétexte pour une présence militaire permanente états-unienne et britannique afin de pratiquer des écoutes militaires dans la Méditerranée orientale durant la guerre froide.

 

Aujourd'hui, la partie grecque du sud, où Noble Energy a découvert de larges gisements de gaz, est membre de l' UE. Son président, Demetris Chritofas, est l'unique dirigeant communiste de l' Union européenne. Il est également un ami proche d'Israël, et de la Russie. En outre, il est très critique à l'égard de la politique étrangère états-unienne, ainsi que de la Turquie.

 

En ce moment, Israël envisage de construire un gazoduc sous-marin depuis les champs israéliens du Levant à travers les eaux de Chypre jusqu'à la terre ferme grecque, pour approvisionner le marché de l' UE. Les gouvernements de Chypre de d' Israël se sont entendus sur la délimitation de leurs zones économiques respectives, en ignotant la Turquie; Cette dernière a ouvertement menacé Chypre du fait de son accord avec Noble Energy. La Russie a réagi en déclarant qu'elle ne tolérait pas les menaces turques contre Chypre, compliquant encore un peu plus les relations russo-turques.

 

Les relations turco-israéliennes quant à elles, amicales par les passé, sont devenues de plus en plus tendues ces dernières années sous la politique étrangère d' Erdogan. Ankara a exprimé sa préoccupation au sujet des liens récents entre Israël et ses adversaires historiques, la Grèce et la partie grecque de Chypre. La République turque de Chypre du nord, alliée de la Turquie, craint de ne pas être représentée de façon juste dans le partage du gaz après qu' Israël et Nicosie aient signé un accord pour se répartir les 250 kilomètres de mer qui les séparent

 

Il devient évident, quand on jette en parallèle un regard sur la carte de la Méditerranée orientale, que l'appétit déroce pour les réserves de pétrole et de gaz et leur exploitation pose les bases d'un conflit de grande ampleur dans la zone, impliquant les intérêts stratégiques des Etats-Unis, de la Russie, de l' Union Européenne, d' Israël, de la Turquie, de la Syrie et du Liban.

 

source : Reseau Voltaire

 


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