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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 13:44

Selon la méthode d'anticipation politique, la datation des ruptures s'effectue en identifiant les périodes à haut risque lors desquelles la moindre étincelle vient mettre le feu aux poudres.

 

La période actuelle est un exemple typique où se conjuguent un nombre impressionnant de facteurs explosifs :

nouvelles bulles financières gonflées par les injections massives d'argent public, instabilité géopolitique mondiale,guerre des monnaies, début de guerre politique contre le "terrorisme financier", crise politique en Europe, chômage de masse et économie réelle dégradée, sans compter bien sûr l'endettement public qui atteint des sommets.

 

C'est une telle coïncidence de facteurs qu'il relève du miracle que cette situation perdure. Les Etats-Unis sont sous respiration artificielle grâce à la générosité démesurée de la FED. Cet aspect de la situation des banques centrales a franchi un nouveau stade avec la politique de la Banque du Japon qui cette fois, loin de réduire le niveau de risque, l'amplifie au contraire, et est un exemplaire de la fuite en avant qui sert aujourd'hui de politique à certains pays démunis de solution (Japon, Etats-Unis, Royaume-Uni)

 

Un nouveau pas dans l'instabilité du système a été franchi. Quelques notes discordantes viennent en outre percer le silence assourdissant imposé jalousement par le monde financier sur la situation réelle, comme la soudaine dégradation "surprise" de tous les indicateurs macro-économiques censés pourtant refléter la "reprise" :

emploi aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, indices de confiance, ventes d'ordinateurs et de téléphones mobiles, exportations chinoises, ventes de voitures dans les BRICS etc..

 

La crise chypriote est également une bonne piqûre de rappel. Les remous générés par cette île minuscule, pourtant hors le coeur financier mondial qu'est la zone dollar, laissent augurer ce qu'il adviendra quand lâchera un noeud central du système..! Car petit à petit l'Europe panse laborieusement ses plaies, au contraire la "zone US" s'enferre toujours plus dans les méthodes responsables de la crise, comme si choisir un plongeoir plus élevé au-dessus d'une piscine sans eau allait rendre le choc moins douloureux.

 

LA CRISE au CARRE, ou LA FUITE en AVANT comme "POLITIQUE"

"Bâtir une nouvelle crise sur la crise existante" semble être le but des politiques au Japon, au Royaume-uni et aux Etats-Unis. A l'image de ces produits financiers qui ont explosé en vol en 2008, les "CDO au carré" qui sont des constructions complexes sur des constructions complexes (CDO sur des CDO) visant à diluer le risque mais qui en réalité l'exacerbent, la fuite en avant menée dans ces pays construit une sorte de "crise au carré", une nouvelle crise sur la crise de 2008. Ils prétendent éteindre l'incendie en l'arrosant, sans s'apercevoir que ce n'est pa de l'eau qu'ils utilisent mais de l'essence..!

 

Ainsi la Banque du Japon qui dévoile son plan de rachat de dette japonaise à faire pâlir de jalousie Ben Bernanke et son QE. Si ce n'était le Japon qui a connu un passé douloureux sur la question, on dirait que l'arme atomique a été dégainée et que les risques de dérapage sont immenses, avec des conséquences à la hauteur de la puissance de feu. En effet, l'énorme dette japonaise était jusqu'à présent soutenable car les intérêts des bons du trésor étaient très faibles, de l'ordre de 0,5%. Les investisseurs, principalement les institutions nationales, acceptaient ces rendements car l'inflation était négative, de l'ordre de 0,5%, faisant monter le rendement réel à 1% environ. Or avec un objectif d'inflation maintenant de 2% et une banque centrale déterminée à doubler la quantité de monnaie en circulation, le taux des bons du trésor devra monter autour de 3% pour laisser aux investisseurs un rendement réel de 1%.

Sur une dette dépassant 200% du PIB, ce taux est insoutenable car le service de la dette représente déjà 40% des recettes publiques aux taux actuel.

Le marché en a bien conscience comme en témoignent les quatre suspensions temporaires, eu quatre jours, du marché des bons du trésor japonais à cause de trop fortes fluctuations. C'est un avertissement clair du risque de dévissage incontrôlé.

Le Japon est donc dans une impasse !

 

BULLES à TOUS les ETAGES

La même stratégie est expérimentée depuis le début de la crise par les Etats-Unis. Ce maintient au forceps de l'illusion d'une économie réelle bien portante alimente des bulles un peu partout. Que ce soit la bulle des prêts étudiants, celle des prêts automobiles, bien sûr la bulle des bons du trésor, ou encore une nouvelle bulle de type subprimes en formation à la demande d'Obama qui incite maintenant les banques à prêter aux ménages les moins sûrs afin de relancer l'immobilier, tous ces pans de l'économie ne tiennent que grâce à al FED et sont déconnectés de la réalité...mais en paraphrasant une réplique de film, l'important ce n'est pas la bulle, c'est l'atterrissage.

 

Or ce problème ne se contente pas de rester à l'intérieur des frontières US, il a contribue en effet à nourrir également une "bulle des émergents" qui a fait long feu et commence à se réduire, empêchant d'espérer que l'économie mondiale soit réellement tirée par les pays émergents en 2013. Le Canada est bien mal en point lui aussi avec une énorme bulle immobilière, des statistiques de l'emploi qui déçoivent, etc..

 

La bulle ultime c'est le dollar. Toute la suprématie des Etats-Unsi repose sur la domination du dollar, et toute leur politique étrangère a pour but de préserver à tout prix cette domination.

Or ils n'en ont plus la possibilité..!

Le rôle du dollar s'amenuise de toutes parts : à coup d'accords swap ou de commerce hors dollar, à coup de perte de confiance y compris aux Etats-Unis où la politique inflationniste de la FEd a conduit plusieurs Etats à autoriser l'OR comme monnaie ou du moins l'envisager, a coup de sortie progressive de la Chine du marché des bons du trésor US etc.. La bulle Bitcoin illustre encore cette défiance dans le dollar ..les expériences de monnaies alternatives sont à l'ordre du jour en 2013. Deux logiques différentes poussent ces expérimentations, la première étant la perte de confiance dans la monnaie officielle.

 

Une zone dollar qui se réduit comme une peau de chagrin et une FED qui au contraire imprime de plus en plus de monnaie entraînent une surabondance de dollars dont la conséquence est l'éclatement de la bulle dollar. En comparaison, les autres économies ne dépendent pas du statut international de leur monnaie, et au contraire celle-ci ne peuvent que prendre de l'importance si elle s'internationalise.

 

Afin de prolonger la suprématie du dollar, outre leurs moyens habituels de moins en moins efficaces utilisant le pétrole et leur puissance militaire, les Etats-Unis cherchent à créer à tout va des zones de libre-échange. Ce thème des zones de libre-échange est bel et bien au menu de 2013..toutefois la plupart risque de rester des coquilles vides permettant de déguiser un nouveau protectionnisme : c'est exactement ce qui se passe avec les négociations entre l'Europe et les Etats-Unis qui cristallisent le mécontentement populaire et n'aboutiront pas tout simplement car les européens ne veulent pas des produits américains (et inversement).

 

Bref, le salut du dollar ne viendra pas du côté des traités de libre-échange..!

 

extrait de LEAP/2020

 

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 07:09

Inhabituelle coïncidence de l'effondrment de tous les indicateurs : bourses européennes, américaines et asiatiques, matières premières...et même et surtout OR...!

selon LEAP/2020

S'agit-il des prémisses de l'effondrement dans la période mars/juin 2013 ,

anticipé par LEAP/2020???

 

L'austérité occidentale (séqueste américain + cure d'austérité européenne) dont la croissance chinoise finit par se ressentir avec ces mauvais chiffres annoncés ces jours-ci provoque un effondrement du prix des matières premières et des bourses qui entraîne une chute des actifs bancaires, obligeant les banques à liquider en urgence leurs positions pour obtenir des liquidités.

 

L'OR papier est bradé et se retrouve menant la danse. Le phénomème est d'autant plus remarquable que,; si nous étions dans un processus spéculatif normal, les baisses d'un marché profiteraient à un autre. Nous sommes probablement au début d'un mouvement de panique dans lequel toutes les positions spéculatives sont abandonnées. Si un effondrement du type de celui de 2008 est bien en train de se mettre en place, la question est :

d'où viendront les milliers de milliards qui ont rattrapé in-extrémis le système financier en 2009 ???

 

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 04:43

Une interrogation toute simple s'impose

(parvenus à ce stade de la crise tant d'un point de vue politique que sociale):

Pour quelle raison, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, ceux qui sont en "responsabilité" sont-ils incapables d'en sortir ? Que cherchent-ils à obtenir ?

 

Les prises de position des plus péremtoires d'entre eux sont connues :

"Pas d'impôts supplémentaires pour les riches" et "Taillez dans l' Etat-providence", désignant à chaque fois la même victime. De fait, les uns continuent de bloquer toute adoption d'un budget aux Etats-Unis, et les autres coupent dans ceux-ci sans se soucier du désastre.

 

Dans les deux cas, une véritable fuite en avant s'ensuit, en défense du statut des nantis, de leur fortune,de leurs aises et privilèges. C'est aussi simple que cela. En Europe, ce sont des pays entiers qui sont détruits, des générations qui en subissent les effets, condamnés au nom de la rédemption.

 

Dans un monde qu'ils pressentent comme allant être secoué par des convulsions, eux-mêmes soumis alors à de menaçantes tensions, un réflexe de protection prévaut, il se traduit par la volonté de ne céder à rien. D'où l'intransigeance dont on voit les effets. Les mécanismes financiers qui permettaient de partager ne fonctionnant plus comme avant, seule la dictature peut faire obstacle à l'horreur que représente le partage.

(On aura identifié celle du "marché").

 

Et comme la nature fait bien les choses, celui-ci est contrôlé par ceux qui ont du bien. On ne dira jamais assez la force de ce réflexe, que l'on appelait autrefois l'instinct de classe, et la conviction qui règne chez ceux qui la partagent. Pour s'en rendre compte et être édifiés, il suffit pourtant de les fréquenter...!

 

Certes, le monde va changer, impliquant de céder de la place aux nouveaux riches des pays émergés et dans un geste de charité de réduire un peu l'extrême pauvreté, comme le demande la Banque Mondiale. On a sa bonne conscience. Il va falloir prendre quelques précautions. Elles consistent de plus en plus fréquemment à se protéger en se réfugiant derrière des murs de toute nature : nous voici revenus au temps des châteaux forts.

 

La mode contemporaine est à la location longue durée des îles grecques, le marché s'est dernièrement ouvert. Mais c'est l'argent qui doit être avant tout protégé. Dans ce domaine, les choses se compliquent, car il faut céder du terrain donc ruser. Des gages doivent être donnés,comme s'il était temps de remettre en selle des autorités politiques démonétisées, afin qu'elles puissent continuer à imposer la mise en oeuvre de "réformes structurelles" destinées à pérenniser le partage inégal.

 

Les voies de l'évasion fiscale ne vont plus être les boulevards d'antan. C'est comme la corruption qu'il a fallu apprendre à pratiquer moins grossièrement. En fin de compte, tout se résume à garder une longueur d'avance, comme les sportifs coupables de dopage. Mais les temps sont décidément indécis.

 

Il a aussi fallu se résoudre à emprunter un chemin dangereux, celui du "bail-in " des banques qui doivent être renflouées, et de mettre à contribution leurs actionnaires et leurs créanciers pour les sauver. En Europe le poids du désendettement est finalement trop lourd pour être supporté par les finances publiques, amenant à écorner le  capital privé.

(puisque les voies de la monétisation et de la mutualisation sont fermées).

 

Les banques ayant pignon sur rue et les mécanismes usuels de l'évasion fiscale sont encore loin d'être des coupes-gorges, mais il faut anticiper. Les gestionnaires de fortunes et autres "family office" ne se laisseront pas prendre par surprise ! Et tant que les personnes morales, les trusts et les fiducies resteront hors de portée, SWIFT, Euroclear et Clearstream opaques, le mal sera véniel car on en connaît les remèdes.

 

Les montages financiers seront plus compliqués, voilà tout. Il faudra seulement avoir les moyens d'y accéder, c'est-à-dire se les payer. Comme l'industrie du luxe,(qui se porte bien),  celle de la finance de l'ombre n'a pas de soucis à se faire.

 

Dans ce beau schéma, une question gênante reste tout de même posée:

à force de détérioration de la situation sociale et politique, l'emprise idéologique craquant et les faux-semblants perdant leur consistance, le croquemitaine anonyme du "marché" ne va-t-il pas finir par être identifié ?

En mettant à contribution les actionnaires et en agitant à nouveau le chiffon rouge des paradis fiscaux, n'est-il pas donné une incitation à aller plus loin ?

 

Extrait d'un article de François Leclerc.

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:20

Chypre n'est pas seulement la crise finale de la zone euro, mais de tout le système financier mondial !

faisons un point : en 1993, les produits financiers dérivés, qui sont des paris sur les prix à venir, atteignaient alors un total de 5000 milliards de dollars environ. Aujourd'hui ils représentent officiellement 700 000 milliards de dollars, plus de 10 fois le produit brut annuel mondial !

Ce système est une véritable maison de fous .

 

Le vice derrière l'euro est qu'il n'a pas été crée pour soutenir des projets de développement ou des politiques sociales, mais pour appliquer des politiques monétaires orthodoxes, qui signifient l'austérité pour les peuples et un renflouement indéfini des banques, "trop grosses pour faire faillite", par les Etats.

 

Ces banques ont été impliquées dans de gigantesques fraudes, par exemple sur les taux d'intérêt Libor et Euribor, à tel point qu'il est aujourd'hui reconnu ouvertement qu'elles  "sont trop grosses pour être poursuivie en justice".

Eric Holder, le ministre américain de la Justice au sein de l'administration Obama, vient de reconnaître qu'il n'entend pas intenter des poursuites contre ces intérêts bancaires, car le fait d'appliquer les lois existantes et les principes de la Constitution conduirait à une désintégration des systèmes financiers, tant américain qu'international !

(Les banques payent donc de fortes amendes qui pèsent peu dans leurs résultats).

 

En d'autres termes, l'oligarchie financière ruine la production réelle, ruine l'agriculture et l'industrie et impose l'austérité aux peuples pour maintenir ses privilèges à l'échelle mondiale. La zone euro est devenue leur auxiliaire. il ne s'agit plus de capitalisme ni même de capitalisme financier, mais de fascisme financier.

 

La solution à ce processus meurtrier est de rétablir la priorité de la production et du travail grâce à un système Glass-Steagall de séparation bancaire, de lancer un politique de crédit public pour le développement des infrastructures et la création de plate-formes économiques basées sur des technologies plus avancées et plus productives, (investir en R&D), et  former une main d'oeuvre qualifiée, inventive et bien payée.

il nous faut nettoyer ce gâchis, et construire l'avenir par un système de crédit productif.

 

Le problème est que l'actuel règne de la City à Londres, de Wall Street et de leurs paradis fiscaux forme un nouvel Empire britannique. Aujourd'hui c'est eux ou bien nous. Leur règne signifie la destruction, soit par une politique de dépopulation, car ils sont capables de créer la substance nécessaire à l'avenir de l'humanité, soit par une guerre de tous contre tous, condamnée à dégénérer en affrontement nucléaire.

 

Les partisans de la Bundesbank traditionnelle n'occupent plus de fonction officielle, (Hans Tietmeyer avait averti qu'une monnaie commune européenne finirait par des ajustements économiques douloureux, au détriment des Etats membres possèdant des déficits commerciaux s'accumulant sous forme de dettes).

 

La conception actuelle est celle de la convergence économique. Concrètement cela signifie la voie vers l'union fiscale; au sein de cette union, les pays membres devraient fusionner leurs systèmes économiques et financiers, et l'on accentuerait encore d'avantage les pressions exercées sur les pays "méditerranéens" pour qu'ils se soumettent à une plus grande rigueur économique. Aucune solution ne peut donc être attendue de ces milieux.

 

Les gens les plus intéressants de la vieille tradition en Allemagne, comme Wilhelem Hankel, sont ceux qui sont encore liés à l'économie réelle, productive, et à la tradition de  "l'économie sociale de marché" . Pour eux, l'euro est le résultat d'un mariage malencontreux entre une monnaie unique et des Etats nationaux. la politique d'austérité de l'euro détruit les Etats, et la politique des Etats détruit l'euro, le système travaillant ainsi dans le seul intérêt des mégabanques de l'oligarchie.

 

François Hollande au sein de l'UE et dans sa politique intérieure, s'est jusqu'à présent soumis aux règles du jeu imposées par les mégabanques.  La réforme bancaire proposée par le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, n'est qu'une mauvaise plaisanterie..! Les politiques intérieures de François Hollande constituent une adaptation à l'austérité monétariste imposée par "les marchés", c'est-à-dire l'oligarchie anglo-américaine.

 

Il est malheureusement en train de creuser sa propre tombe, qui plus est avec à présent 'l'affaire Cahuzac".

 

Quant à Chypre, elle devrait quitter la zone euro. Comme la Grèce le sait bien, y rester signifie être torturé de l'extérieur. La question est qu'il n'existe aucun point de repli national en tant que tel. Chypre devrait par conséquent procéder en manoeuvrant les autorités de la zone euro et en exhibant aux yeux du monde leur incompétence et l' injustice de leur politique.

 

Chypre devrait avec la Grèce appeler à un Glass-Steagall général et à un nouveau Bretton Woods.

 

Pour ce qui concerne l' Europe, elle doit être reconstruite comme une association de nations souveraines autour de projets de développement  communs, une Europe des peuples et patries.

 

Chypres peut être le grain de sable qui change l'histoire, à condition qu'elle se considère elle-même comme un détonateur pour un changement de paradigme à l'échelle mondiale.

 

extrait d'un article de Solidarité et Progrès

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 12:23

Il faudra, un jour, remercier les médias et hommes politiques anglo-saxons pour avoir, depuis quelques années déjà, tant parlé de la crise de l'euro et des difficultés de la construction européenne.

Ils ont aidés ainsi les Européens à en prendre conscience et à faire ce qu'il fallait pour y répondre.

 

Et de fait, depuis trois ans, l'Union Européenne a profondément transformé sa gouvernance: elle a mis en place des instruments (LTRO, OMT, MES) pour répondre aux attaques contre l'euro ; elle a crée des outils pour stabiliser son système bancaire ; elle a entrepris un processus de convergence budgétaire, reste l'intégration fiscale.

 

Il reste, certes, bien des choses à faire : comme l'intégration fiscale, utiliser la capacité budgétaire de l'Eurozone pour lancer de grands investissements, financer la formation professionnelle des chômeurs, doter l'Eurozone d'un parlement (comme cité dans l'article précédent). tout cela viendra, car les européens commencent à comprendre que l'austérité n'est pas la solution et que seule la croissance est une réponse démocratique à l'endettement et au chômage.

 

Pendant ce temps, le monde anglo-saxon ne voit pas que sa faillite approche à grand pas : les anglais, qui se moquent tant de l' Eurozone, acceptent sans ciller un déficit budgétaire de plus de 8% du PIB et une dette publique hors contrôle. Les américains refusent de croire que, sur presque tous les points, leur situation est bien pire que celle des européens : l' Eurozone a une balance des paiements excédentaire, pas les Etats-Unis ; le chômage américain ,( en prenant les vraies statistiques), est très supérieur à celui de l'UE ; les inégalités et la criminalité sont tès supérieures aux US qu'en Europe ; l'espérance de vie augmente en Europe alors qu'elle diminue aux Etats-Unis.

 

Quant à la dette publique, dont les médias anglo-saxons nous rebattent les oreilles pour l'Eurozone, les Etats-Unis sont en pleine débâcle..en faillite même :

Leur dette publique atteint aujourd'hui 16.000 Mds $, soit 100% du PIB; dépassant tous les plafonds que le Congrès et le président prétendent s'imposer. Les derniers calculs, faits à partir des chiffres fournis par l' Office du budget américain montrent que le déficit public sera de 800 Milliards en 2014 et au mieux 590 Milliards en 2018, si toutes les économie promises sont faites et si la croissance est là, ce qui est peu probable au-dessus de 4% par an à partir de 2015.

 

Sinon, le déficit public se promènera, chaque année, entre 800 et 1000 Mds $. Autrement dit, dans la meilleure hypothèse, la dette publique américaine sera de 20.000 Mds $ en 2018, et plus vraisemblablement de 22.000 Mds $. Une dette publique financée de plus en plus par la FED, qui est la seule contrepartie.

 

C'est donc avec du papier sans valeur autre que celle que veulent bien leur accorder ceux qui ont besoins d'eux, que les Etats-Unis continueront de financer leur armée, leur santé, leur administration.

 

De plus, la balance des paiements américains connaît un déficit de l'ordre de 500 Mds par an depuis plus de dix ans.

 

Les Etats-Unis sont donc dans une situation bien pire que celle de l'Union Européenne, et même que les plus endettés des pays de l'UE..ils sont en faillite...et le dollar en tient que par ceux qui veulent bien maintenir leurs réserves dans cette monnaie.

 

Qu'un jour les chinois, pris de frénésie anti japonaise ( et, par le jeu des alliances anti américaines), ou les pays du Golf, (basculant sous le contrôle de fondamentalistes) décident de placer leur argent dans une autre monnaie, ou de libeller autrement le pétrole, et la superpuissance s'effondrera..ou tentera de sortir de ses contradictions par la guerre.

 

Le 29/03/2009 (déjà), dans un texte intitulé " Réformer le système monétaire international" Zhou Xiaochuan, le Gouverneur de la Banque Centrale de Chine (BCC) établissait un bilan précis et étayé de la crise mondiale dans sa dimension monétaire. Il expliquait que l'actuel système monétaire international fondé sur l'utilisation d'une monnaie nationale, le dollar US, était inédit dans "l' Histoire" monétaire mondiale.

( Voir mon article du 07/01/2012 : http://millesime.over-blog.com/article-reformer-le-systeme-monetaire-international-96345505html)

Le Gouverneur n'a jamais été contredit jusqu'alors !

 

Nous européens, devons rendre aux américains le même service qu'ils nous ont rendu ces temps derniers : leur annoncer leur faillite prochaine, pour qu'ils en prennent conscience et se décident enfin à tenter, s'il est encore temps, de l'éviter. Ils en ont les moyens, à condition de ne pas croire que cela viendra tout naturellement, parce que tout leur serait dû.

 

C'est toujours quand ils se sont crus immortels que les empires les plus puissants ont disparu..!

 

extrait  d'articles de Jacques Attali, et autres

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 20:53

Le brouillard des statistiques impose de passer de la navigation aux instruments à la navigation à vue

selon LEAP/2020.

Entre les indicateurs économiques de court terme qui décrivent seulement ce qui s'est passé dans la semaine, d'autres qui sont manipulés par les gouvernements pour refléter le message qu'ils souhaitent passer, et d'autres enfin qui n'ont plus de pertinence dans le monde actuel, la réalité économique est très mal décrite, voire travestie, par des chiffres pourtant suivis par les entreprises, les banques, les pays.

 

Ce brouillard statistique empêche une navigation fiable, pourtant primordiale dans ces temps de crise. Que ce soit le fruit de manipulations intentionnelles de la part des acteurs dans leur effort de survie ou le résultat de l'extrême volatilité des bases de calcul, (comme la valeur des monnaies et du dollar US tout particulièrement), cette tendance se confirme en effet.

 

Des indicateurs fiables et pertinents sur la situation économique,politique et sociale mondiale sont pourtant indispensables afin de traverser la crise sans encombre. Mais ceux utilisés par les gouvernements ou les entreprises sont, au mieux, inutiles dans la période actuelle de remodelage profond du monde,au pire, néfastes. Il est donc bon de détailler quels indicateurs reflètent la situation réelle et lesquels relèvent du trompe-l'oeil.

 

Ce travail permet de souligner également que ce ne sont pas toujours les indicateurs eux-mêmes qui sont faussés, mais la façon dont ils sont interprétés ou à l'étude des raisons qui les font évoluer.

 

Dans un monde où circulent tant "d'actifs fantômes" ou de créances douteuses, tant de produits dérivés opaques ou sans valeur, la finance est de plus en plus déconnectée de la réalité. Les indicateurs financiers (cours des bourses notamment) doivent donc être interprétés avec la plus grande précaution. De même le feuilleton hebdomadaire de la "vie de l'économie" nous maintient en haleine avec, tantôt l'annonce des chiffres de la "confiance", du "sentiment", tantôt avec les discours des banques centrales...

 

Mais ce n'est pas à ce rythme qu'évoluent les fondamentaux et la réalité n'a que faire de la méthode Coué consistant à se raccrocher à toutes ces données d'ordre psychologique. Ces informations de court terme ont davantage pour effet de cacher les maux profonds de l'économie que d'influer vraiment sur la réalité comme elles le prétendent en particulier dans cette période de crise.

 

Quant aux vraies statistiques, le mode de calcul de ces chiffres ne reflète parfois plus du tout le vrai paysage économique : ainsi en va-t-il par exemple, des chiffres du chômage et de l'inflation, deux critères pourtant bien ancrés dans la réalité et jouant à juste titre un rôle important. Mais "à défaut d'enrayer la fièvre, on a cassé le thermomètre". Et toute la question est alors de déchiffrer les statistiques pour obtenir une vision plus précise.

 

Outre les statistiques décrivant l"économie réelle (emploi, consommation, volume de commerce international, consommation d'énergie etc..), et la part de virtualisation de l'économie (désindustrialisation, endettement), il est également intéressant de considérer la réalité sociale par des indicateurs reflétant la pauvreté, la démographie, les conflits, le blocage politique, etc...

 

Pour ce qui est des Etats-Unis la distorsion y est des plus caricaturale et pour l'Europe l'exercice est mené chaque jour par les médias anglo-saxons.

 

Nous assistons à un véritable changement de paradigme hors du système mis en place par les Etats-Unis, c'est-à-dire à l'effondrement du monde qu'ils ont créé. Depuis quelques décennies ils tenaient leur rang uniquement parce qu'ils se situaient au-dessus des règles du jeu mondial grâce à la prééminence et au caractère incontournable de leur monnaie : le dollar.

 

La remise en question de cet avantage les contraint à redevenir une puissance comme une autre. Cela nécessite un ajustement considérable que reflètent par exemple, le déficit commercial abyssal, la désindustrialisation ou l'endettement du pays, avec des conséquences immenses sur leur capacité d'influence et sur le niveau de vie des américains.

 

Les pays dans l'orbite US principalement Royaume-Uni et Japon, totalement alignés sur les principes du modèle économique américain et qui profitaient des retombées de la situation privilégiée du patron, souffrent également. L'Europe, proche du modèle économique US, en particulier depuis la chute du mur de Berlin, mais dont le projet d'intégration avait pour objectif d'accroître l'indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, est en partie entraînée dans le maelström, mais dispose de caractéristiques structurelles qui lui fournissent des outils pour pouvoir s'en dégager.

 

Cela dit, en 2013, au-delà des puissances occidentales, c'est le monde entier qui va tanguer, jusque y compris ces nouvelles puissances représentées par les BRICS dans lesquelles des bulles voient le jour, provoquées par l'utilisation des injections d'argent facile de la FED dans l'économie US, puis mondiale.

 

La situation européenne est loin d'être parfaite avec un chômage élevé, une croissance atone (ou négative), et maintenant une crise politique qui sape le début de confiance des marchés dans l'euro. Néanmoins les pays européens n'ont pas un ajustement aussi douloureux à pratiquer que les Etats-Unis. Dans le cas de l'Euroland, l'adaptation nécessaire, loin d'être terminée, est tout de même largement entamée.

 

Rappelons que l'UE n'a pas d'avenir sous sa forme actuelle, constamment bloquée par les atermoiements britanniques, minée par un élargissement incontrôlé largement piloté par Washington, paralysée par des institutions bruxelloises sclérosées, et souffrant de surcroît d'un cruel déficit démocratique.

 

L'Euroland, puissante, naturellement intégrée par la monnaie commune, souple et débarrassée des poids morts, constitue le nouveau moteur capable d'insuffler les dynamiques nécessaires pour résoudre les problèmes européens qu'ils soient d'ordre financier, économique , sociaux ou politique.

(Seule solution d'avenir sur ce continent)

 

Voyons le symbole de la reprise américaine, la bourse, qui affiche des résultats insolents : les indices Dow-Jones, S&P500 et NASDAQ ont soit battu leurs records de 2008, soit en sont tout proches. L'unique raison de cette hausse est claire et est même reconnue officiellement : les bourses doivent leur salut seulement à la FED dont les injections de liquidités viennent gonfler artificiellement les cours, il s'agit donc d'un indicateur manipulé et ne reflétant certainement pas l'économie réelle, l'objectif étant de redonner confiance par la hausse des cours et ainsi de relancer la consommation.

 

Pas sûr que cet objectif soit atteint un jour alors que la confiance des consommateurs demeure inférieure aux plus bas de la période 1965/2007 (sans compter que l'indice de confiance à six mois dans le futur est encore 7 points plus bas).

 

Néanmoins cette "embellie" à priori indubitable doit être mise en perspective. Où est le record lorsque le cours du Dow-Jones est comparé à l'or, ( mesure sous certains aspects plus crédible que le dollar US) ?

Ou comment se réjouir des performances de la bourse lorsque les volumes sont de 40 à 50% plus faibles qu'avant la crise, et si faibles que seule la spéculation-casino fait évoluer les cours ?

 

Le cours des bourses est complètement déconnecté de l'économie réelle et n'est donc plus un indicateur pertinent. En Europe l'indice Euro-Stoxx 50 a stagné depuis 2009 comme de nombreux autres indices européens nationaux (CAC40 par exemple). L'absence de pertinence de cet indicateur est encore illustré par la flambée du NIKKEI  (+ 40% en moins de quatre mois) au moment où le Japon est au plus mal avec des dettes insoutenables et un déficit commercial élevé depuis deux ans.

 

Le cours de bourse, s'il est un indice de quelque chose, est celui du degré de virtualisation de l'économie, de l'importance du phénomène spéculatif et du degré d'endettement d'un pays.

 

quand on est dans l'oeil de la tempête, lorsque le vent tombe, on a l'impression d'en être sorti...Or il faut absolument virer de bord, sinon quand il va ressouffler, on va chavirer..!

 

extrait de LEAP/2020

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 17:16

Les processus en cours sont la décantation d'où émerge péniblement le monde d'après sur les décombres de la dislocation géopolitique mondiale selon GEAB/2020.

 

Toutefois la durée de la période de décantation que nous traversons depuis plus de quatre ans a été sous-estimée, période durant laquelle tous les acteurs de la crise ont oeuvré à un but commun, gagner du temps :

- les Etats-Unis, en faisant tout pour empêcher l'apparition de solutions alternatives au dollar, malgré la situation catastrophique de tous ses fondamentaux systémiques pour empêcher ses créanciers de les lâcher (décrédibilisation des autres monnaies y compris désormais le Yen, acharnement contre les tentatives de déconnecter le pétrole du dollar etc..)

- Le reste du monde, en mettant en place d'habiles stratégies consistant à la fois à maintenir son assitance vers les Etats-Unis pour éviter un effondrement brutal dont il serait le premier à souffrir, et à bâtir en même temps des solutions alternatives et de découplage.

 

En conclusion de cette longue phase d'apparente "anesthésie" du système GEAB/2020 estime nécessaire d'introduire une sixième phase dans la description de la crise ; la dernière phase d'impact qui interviendra en 2013.

 

Les Etats-Unis ont certes cru que le reste du monde aurait éternellement intérêt à maintenir l'assistance respiratoire artificielle de son économie mais il est probable qu'ils ne le croient plus aujourd'hui.Quant au reste du monde, les derniers chapitres de la crise US

(crise politique majeure, paralysie décisionnelle, évitement de justesse de la falaise fiscale, perspective d'un défaut de paiement en mars, et toujours incapacité à mettre en oeuvre la moindre solution structurelle)

l'ont convaincu de l'imminence d'un collapsus, et tous les acteurs sont aux aguets du moindre signe de basculement pour se dégager, conscients que ce faisant ils précipiteront l'effondrement final.

 

Dans le contexte des tensions extrêmes induites par le prochain rehaussement du plafond de la dette américaine en mars 2013, tensions à la fois politiques internes et financières mondiales, les signes ne manqueront pas pour provoquer la disparition des derniers acheteurs de bons du Trésor américain, disparition que la FED ne sera plus en mesure de compenser, résultant en une augmentation des taux d'intérêts qui propulsera l'endettement américain à des niveaux astronomiques, ne laissant plus aucun espoir d'être jamais remboursés aux créanciers qui préféreront jeter l'éponge et laisser le dollar s'effondrer...

( effondrement du dollar qui correspondra de facto à la première vraie solution, douloureuse certes mais réelle,  à l'endettement américain ).

 

Ainsi GEAB/2020 anticipe l'an 1 du Monde d'Après, qui verra se mettre en place cette "épuration" des comptes américains et mondiaux. Tous les acteurs tendent vers cette étape dont les conséquences sont très difficiles à prédire mais qui est aussi une incontournable solution à la crise compte tenu de l'impossibilité structurelle des Etats-Unis à mettre en place de vraies stratégies de désendettement.

 

Quelles sont les raisons pour lesquelles le système a tenu si longtemps, et pourquoi le choc aura lieu en 2013 ?

 

Depuis 2009 et les mesures temporaires pour sauver l'économie mondiale, le monde s'attend au fameux "double dip", la rechute, car la situation continue de s'empirer de jour en jour pour les Etats-Unis : dette publique vertigineuse, chômage et pauvreté de masse, paralysie politique, perte d'influence, etc..Pourtant, cette rechute n'arrive toujours pas. Certes les "mesures exceptionnelles" d'aide à l'économie (taux d'intérêts au plus bas, dépense publique, rachat de dette, etc..) sont toujours en vigueur. Mais contre toute attente et à l'encontre de tout jugement objectif et rationnel, les marchés semblent toujours faire confiance aux Etats-Unis. En réalité, le système ne tient plus sur la confiance mais sur le calcul du meilleur moment pour se dégager et les moyens de tenir jusque-là.

 

Fini le temps où la Chine défiait les Etats-Unis de faire un second tour de Quantitative easing : le monde semble s'accommoder du fait que ce pays creuse encore sa dette et s'oriente inéluctablement vers le défaut de paiement, pourvu qu'il soit debout et ne fasse pas encore trop de vague. Pourquoi les autres pays ne  pressent-ils pas les Etats-Unis à réduire leur déficit, mais au contraire se réjouissent lorsque l'accord sur le "fiscal cliff" maintient le statu-quo ? Pourtant personne n'est dupe, la situation ne peut pas durer éternellement, et le problème central de l'économie mondiale est bien les Etats-Unis et leur dollar.

 

Pour les marchés, il s'agit de profiter au maximum des largesses de la FED et du gouvernement américain afin de faire des profits faciles; pour les pays étrangers, il s'agit de découpler au maximum leurs économies de celle des Etats-Unis afin de pouvoir se mettre à l'abri au moment du choc à venir. C'est ainsi que l'Euroland en profite pour se renforcer et que la Chine en profite pour écouler ses dollars dans des infrastructures étrangères qui vaudront toujours mieux que les billets verts lorsque le dollar sera à terre.

 

Les pressions ne viennent pas de l'étranger, c'est la bataille politique interne qui menace le château de cartes. La bataille reprendra plus violente que jamais à partir de mars. Les représentants républicains seront sans doute obligés de voter l'augmentation du plafond de la dette, mais ils  feront payer cher à Obama. cette "capitulation".

La moitié d'entre eux souhaite en fait un défaut de paiement pour se libérer de l'endettement pathologique du pays.

 

Les républicains comptent donc en découdre sur les nombreux dossiers et défis qui s'annoncent : du côté social, remise  à plat de l'immigration et légalisation de 11 millions d'immigrés illégaux, réforme du système de santé, et questionnement du rôle de l' Etat fédéral; du côté économique baisse des dépenses, règlement de la dette, fiscal ciff etc...Tous ces dossiers sont au programme des quelques mois qui viennent et le moindre accorc peut s'avérer fatal. Étant donné la pugnacité des républicains, c'est plutôt l'espoir qu'il n'y ait pas d'accroc qui relève de l'utopie.

 

D'autre part, ce sont les marchés internationaux, Wall Street en tête, qui menacent de ne pas renouvelr leur confiance dans l'économie américaine. Depuis l'épisode de "fiscal cliff" qui n'a  réglé aucun problème, les analyses pessimistes et les doutes se font de plus en plus forts. Il faut garder à l'esprit que les marchés boursiers sont apatrides et même domiciliés à New-York, n'ont qu'un seul but, le profit.

En 2013, le monde est suffisamment vaste pour que les investisseurs et leurs capitaux, telle un volée de moineaux,s'échappent vers d'autres cieux à la moindre alerte.

 

Outre ces défis américains, le monde a également de nombreuses épreuves à traverser. Là encore, ce sont avant tout des défis économiques. ce sont notamment le Japon et le Royaume-Uni, éléments clé de la sphère d'influence américaine, qui luttent pour leur survie, tous deux en récession, avec des dettes insoutenables,une épargne des ménages au plancher et sans perspective de solution à court terme. C'est également une économie brésilienne au ralenti, des taux d'inflation difficiles à gérer dans les puissances émergentes, le dégonflement de la bulle immobilière au Canada, en Chine et en Europe etc...

 

Les défis sont également d'ordre géopolitique : pour ne citer que trois exemples; les conflits aafricains au nombre desquels bien sûr l'intervention de la France au Mali, les conflits et la confrontation indirecte des puissances au Moyen-Orient autour de la Syrie, d'Israël et de l' Iran, ainsi que les tensions territoriales autour de la Chine.

 

Tous ces facteurs, économiques, géopolitiques, américains, mondiaux, convergent vers le même moment : le deuxième trimestre 2013.

 

Quelles sont les conséquences et le calendrier de cette seconde phase d'impact?

Sur les marchés d'abord, une chute significative s'étalera jusqu'à fin 2013. Les économies étant toutes inter connectées, l'impact va se propager à la planète entière et entraîner l'économie mondiale en récession. Néanmoins grâce au découplage des autres pays mentionnés précédemment, tous les pays ne seront pas affectés de la même manière. Des opportunités existent pour les capitaux en Asie, en Europe, en Amérique Latine notamment. Les pays les plus touchés seront ceux de la sphère américaine, à savoir le Royaume-Uni, et la Japon principalement.

 

Tandis que ces pays se débattront encore en 2014 avec les conséquences sociales et politique de l'impact, les autres régions, BRICS et Euroland, en tête, verront enfin la sortie du tunnel à cette époque-là.

 

 

extrait de GEAB/2020

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 16:10

L'harmonisation de la régulation est le plus sur moyen d'embourber celle-ci :

ce n'est pas une découverte mais se vérifie à chaque occasion et sur chaque dossier..!

 

Cela vaut pour le gigantesque marché des produits dérivés (0TC). La finance américaine est passée maître à ce jeu-là, dont les européens bénéficient en retour, et à l'arrivée tout traîne et rien ne se fait au nom du principe qu'il ne faut pas accorder d'avantage concurrentiel aux uns ou aux autres. L'autre piège classique consiste à faire valoir la complexité du sujet, et à l'accentuer, afin de s'y perdre ensuite.

 

L'enjeu des OTC est déterminant pour la sûreté du système financier, les estimations de la Banque des Règlements internationaux (BRI) montrant comment, parti de rien lors de sa création au début des années 90, le marché des OTC s'est développé à une vitesse effrénée, s'échangeant de gré à gré et hors de tout enregistrement et sans contrôle. On parle de dizaine de milliers de milliards de dollars, sautant encore d'une unité par rapport aux chiffres auxquels nous nous sommes accoutumés.


Les transactions quotidiennes sur le marché monétaire mondial seraient de l'ordre de 4 000 milliards de dollars selon la BRI, sur ces sommes colossales, 20 % servent aux échanges de biens et services entre Etats et entreprises, le reste soit plus de 3 000 milliards de dollars vont vers les marchés dérivés...! (c'est-à-dire le virtuel et sans contrôle)

 

Principaux contributeurs à l'accroissement de la bulle financière mondiale, ces instruments se sont révélés des outils de spéculation hors pair, permettant des paris sur la réalisation d'hypothèses les plus variées, un jeu de casino pur sans autre objet que de fabriquer de la valeur, sauf quand ils sont marginalement utilisés dans leur version assurantielle d'origine.

 

C'est fin 2012 au plus tard que devaient être définies les règles permettant la mise sur pied des chambres de compensation et plate-forme de négociations des OTC. Une décision du G20 de 2009 et qui n'a pas été respectée. 

(Lire le livre de Pascal Canfin paru en février 2012, ainsi que mon billet du 25/01/2012 :Tout ce que les banques vous disent... et qu'il ne faut jamais croire..!).

L'occasion pour Janet Tellen, vice présidente de la FED, de formuler en ce début d'année le voeu que cela devienne effectif  "le plus vite possible", alors que les travaux engagés sur le terrain de l'harmonisation à Bruxelles n'en sont qu'à leurs débuts et avancent à un train de sénateur.

 

Il est fait valoir la complexité du sujet et surtout, selon Janet Yellen, qu'il faut être prudent car les mesures en discussion sont "susceptibles d'augmenter le coût de l'inter-médiation financière et la couverture de risque". Elle fait ainsi référence à la nécessité que les transactions sur les OTC soient assorties de garanties - du collatéral - afin d'éviter que les chambres de compensation ne deviennent en elles-mêmes de formidables concentrateurs de risque...Raison pour laquelle il avait même été question de leur accorder le privilège d'un accès aux guichets des banques centrales, au cas où...

 

Le système est donc dans une contradiction, sa régulation pesant sur son rendement global. On devine le choix qui est fait..!

 

de François Leclerc

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 14:01

La fragmentation du monde va s'accélérer l'année prochaine sur fond de récession mondiale selon LEAP/2020.

 

La fin du leadership des anciennes puissances va provoquer un chaos mondial en 2013, duquel commence déjà à émerger le monde d'après.

 

Ce sera une année sombre pour les Etats-Unis, perdant leur statut d'unique super-puissance et incapable d'influencer la construction d'une nouvelle gouvernance mondiale. Car, si tous les acteurs cherchent des solutions pour tirer leur épingle du jeu, seul les pays et régions qui se sont préparés à affronter ce choc peuvent espérer peser dans l'émergence du monde d'après.

 

Des alliances de toute nature ( MERCOSUR, ALBA, ALENA,OEA, NEPAD, CEDEAO, APT, BRICS, Union eurasienne, etc..) reflètent ces tentatives; mais celles-ci sont plus ou moins avancées, plus ou moins homogènes, et résisteront plus ou moins à la tempête qui s'annonce.

 

Avec l'Euroland, né de la crise et se renforçant à chaque tempête telle une usine marémotrice, l' Asie et l' Amérique du Sud sont les mieux armées pour sortir gagnants du "grand remaniement" mondial, tandis que les vieilles puissances, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, Israël, le Japon etc..., qui ratent tous les trains d'adaptation au monde multipolaire de l'après-crise, se retrouvent totalement démunies.

 

Car on assiste à une extraordinaire ouverture du jeu mondial, qui offre de nombreuses opportunités aux acteurs prêts à les saisir. On le voit au Moyen-Orient où les peuples tentent d'en profiter pou modifier la région selon leurs aspirations; on le voit aussi avec les BRICS bien sûr qui avancent leurs pions face aux puissances déclinantes; on le voit enfin en Europe à qui chaque nouvel assaut de la crise procure l'énergie pour s'adapter aux défis de demain.

 

Puisque la situation économique (récession) et géopolitique (tensions extrêmes au Moyen-Orient, mais aussi en Asie par exemple le lancement de la fusée nord-coréenne), etc...) rend l'année 2013 difficile et très dangereuse, et les dérapages probables, les régions relativement plus stables bénéficieront de cette situation qui les rendra plus attractives.

 

Tout est relatif bien sûr mais la violence du monde en 2013 fera apparaître l' Euroland comme un des rares havres de paix, de stabilité, de confort...et pour les investisseurs comme l'un des rares lieux dans le monde offrant une certaine visibilité sur l'avenir. ( en cela, l'Euroland dans le chaos mondial de 2013 présentera bien des ressemblances avec la Suisse pendant les guerres européennes du siècle dernier). Cette réalité constituera un puissant moteur de sortie de crise pour l' Europe en 2013.

 

Un rapprochement de l' Euroland avec les BRICS, autre formation porteuse d'avenir, pèserait ainsi favorablement dans l'indispensable réforme de la nouvelle gouvernance mondiale. La tenue du prochain G20 en septembre à Saint-Pétersbourg, hors influence occidentale pour la première fois, est l'occasion de traiter enfin ces sujets primordiaux de gouvernance mondiale et notamment du système monétaire international. Car en 2014, les régions les mieux adaptées seront déjà en route pour le monde d'après.

 

La guerre médiatique contre l'euro a eu ceci de bon qu'elle a forcé l' Euroland à mettre en oeuvre les réformes nécessaires pour surmonter la crise. Bien sûr on joue sans effaroucher les marchés. Des compromis trouvés au bout de longues discussions, suivis d'actions solides. Et petit à petit les structures sont en place pour renforcer l'Euroland. Le contraste avec l'immobilisme américain est saisissant..

 

Cela n'occulte pas pour autant les difficultés de la Grèce et de l' Espagne (personne ne dit qu'il était indolore de se remettre de l'éclatement d'une bulle immobilière historique et d'une crise systémique globale, mais la situation s'améliore, la nouvelle restructuration de la dette grecque est un succès, les déficits diminuent en Grèce et en Espagne, l'Italie a été mise sur les rails par Monti, les médias anglo-saxons eux-mêmes ne parlent plus d'une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro et, fait nouveau, les médias américains font même l'éloge des progrès européens..!

 

Que l'on ne se méprenne pas, 2013 sera difficile pour une Europe en récession, mais que ce soit grâce à l'union bancaire qui entrera en fonction début 2014, à l'intégration politique accrue ou au mécanisme européen de stabilité ( MES) l'indépendance de l'Euroland s'affirme. On le voit par exemple par les désaccords avec le FMI au sujet de la Grèce : d'ici 2015 le MES aura suffisamment de crédibilité et de compétence pour renvoyer le FMI s'occuper des pays en voie de développement (ou sauver les Etats-Unis ou l'Angleterre) et traiter seul les problèmes européens.

 

Ce découplage avec les institutions du "monde d'avant" et les Etats-Unis permet à l' Euroland d'aller de l'avant en engageant une dynamique constructive pour s'adapter au "monde d'après" grâce à des outils taillés sur mesure.

 

Signe visible du découplage et de l'indépendance de l' Euroland, malgré les vives critiques, les solutions adoptées face à la crise sont aux antipodes de celles pratiquées aux Etats-Unis. C'est en effet "l'austérité" qui prévaut en Europe et qui lui évite le dérapage budgétaire US.(l'austérité reste toutefois mesurée dans beaucoup de pays).

 

La résistance de l'Euroland passe aussi par la mutualisation des dettes publiques. Avec le lancement des "project bonds" destinés à financer des projets d'infrastructure dans l'Union Européenne, une mutualisation accrue est en cours et la voie ouverte aux euros-obligations. une chancelière allemande affaiblie après les élections de 2013, aura peu de latitude pour refuser des euro-obligations demandées par le SPD qui se retrouvera dans la coalition gouvernementale. Puisque seule la voix de l' Allemagne manquait à ce sujet.2014 sera donc l'année des euro-obligations. D'ailleurs Angela Merkel lâche déjà du lest au sujet de la dette grecque, cédant sur un sujet sensible pour les allemands malgré l'approche des élections.

 

Enfin, l'Euroland loin d'être un repoussoir comme aimeraient le faire croire les médias anglo-saxons, la zone euro est au contraire attractive malgré la crise ; la Pologne souhaite devenir membre, les éventuelles velléités séparatistes régionales n'envisagent pas l'avenir sans l'euro....signe de plus qu'elle fait partie du "monde d'après" et qu'elle est une zone de visibilité dans cette crise, elle permet en outre d'abriter les pays membres des tensions géopolitiques.

 

Ainsi, avec les progrès accomplis et malgré une récession en 2013, selon LEAP/2020, la fin de l'année prochaine marquera la sortie de crise de l'Euroland,. La tempête mondiale de 2013 chahutera mais ne déstabilisera pas un Euroland bien arrimé et de plus en plus solide. S'ils ne seront pas encore tous visibles, les mécanismes de sortie de crise se mettront en place dès 2013 pour traverser cette période en continuant à se renforcer, et permettront une claire reprise en 2014.

 

Pour que la sortie de crise soit durable, la nécessaire démocratisation doit être entreprise. C'est d'ailleurs ce que demande le parlement européen.Paradoxalement, celle-ci est aidée par la marginalisation des partis nationaux classiques : en France, l'UMP explose, au Royaume-Uni, Ukip fait de l'ombre aux Tories, en Allemagne, la CSU et la CDU sont elles aussi empêtrées dans "leurs " scandales...

 

Cette marginalisation s'explique par l'intégration accrue de l' Euroland : il est devenu désormais évident aux yeux de tous que le pouvoir se situe au niveau européen et non plus aux niveaux nationaux. C'est donc naturellement que les partis s'européanisent, et Barroso a demandé aux partis politiques de présenter aux élections européennes un même "candidat principal" dans l'ensemble des pays, une vraie révolution après 30 ans de complète surdité aux questions de démocratisation des institutions européennes ! Ces élections de 2014, année de la reprise, seront ainsi le catalyseur de l'émergence de l' Euroland.

 

Un mot à propos du programme Erasmus, aujourd'hui menacé de baisse budgétaire en conséquence des mesures d'austérité. Les politiques n'ont tout de même plus beaucoup de sens politique !  En pleine crise de l'Euro, gérée certes efficacement mais à l'encontre de tout principe démocratique, au prix de plans de rigueur parfois très pénibles pour les populations et dans un contexte de chômage endémique,en particulier celui des jeunes, le seul et unique repère positif européen, à savoir le programme Erasmus, va perdre non seulement des moyens financiers, mais encore son nom ...Si une réforme en profondeur de ce programme de mobilité  étudiante, vieux de 20 ans, s'impose pour l'adapter aux immenses enjeux de l'Europe du XXIème siècle, son nom doit bien évidemment être conservé ( on ne se sépare pas d'une équipe qui gagne) et son budget suffisamment augmenté pour garantir sa pérennité sur la nouvelle période budgétaire qui va tout de même de 2014 à 2020, et donc bien au-delà de la crise. Un peu de vision que diantre !!!

 

Les logiques politiques nationales sont bien sûr toujours à l'oeuvre également, et les avancées européennes se font aussi à l'aune du rapport de force entre les pays. L'arrivée de François Hollande en redonnant une voix à al France que Nicolas Sarkozy, totalement affidé à Merkel, lui avait fait perdre, a permis à d'autres voix de s"élever, a cassé la polarisation entre le moteur franco-allemand et les autres, bref a rouvert le débat en Europe, il était temps! Mais la puissance économique de l' Allemagne, en comparaison notamment de la morosité de l'économie française, confère à Angéla Merkel une influence certaine.

 

Toutefois, compte tenu des élections en 2013, donc dans une année difficile, il faudra alors que les autres chefs de gouvernement réussissent à convaincre une chancelière hésitante. A cet égard,le déblocage des discussions multilatérales en Europe est un signe très positif.

 

extrait de LEAP/2020

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:29

Le mois d'octobre 2012 restera dans les livres d'histoire comme la date de la fin de l' Amérique telle qu'on l'a connue au XXème siècle. Le 29 octobre le passage de l'ouragan Sandy à New York, événement "goutte d'eau", 83 ans jour pour jour, après le mardi noir de la crise de 1929, révèle au monde l'état réel de la société américaine et de son symbole New-York.

Le virage est frappant à la lecture des médias du monde entier, titrant le lendemain d'une élection qui avait tout pour réjouir la planète, sur une Amérique "changée", "de tiers monde", "dans l'impasse", "apocalyptique", etc...

Ce miroir américain, c'est Sandy qui l'a définitivement brisé.

 

L'ouragan Sandy est l'événement qui date la dernière étape de la dégradation de l'état de santé des Etats-Unis. Touchant le centre financier du pays, mettant en lumière l'incapacité de la ville la plus puissante du pays le plus puissant à résister à un "petit" ouragan prévu depuis plusieurs jours à l'avance, il marque la fin de l'Amérique telle qu'on l'a connue.

 

Le mur dollar s'est fissuré tout au long des dernières années. Sandy a frappé ce mur de plein fouet, révélant un

"roi nu". La dévastation de la Nouvelle-Orléans en 2005 par l'ouragan Katrina est à comparer à Tchernobyl pour l'URSS de 1986 (surprenant le monde entier par la piètre gestion de la crise et l'état réel de l'économie) et le mur dollar au mur de Berlin.

Deux ans après la chute du mur de Berlin, l'URSS s'effondrait.

Détruit par la crise, le mur dollar n'est plus, et 2013 sera l'année de l'effondrement de l'Amérique du XXème siècle.

 

De Katrina à Sandy en passant par Lehman Brothers, cette succession de chocs a mis la puissance US au sol : la confiance du reste du monde s'est envolée; il faut lire en particulier à ce sujet l'incroyable article du Spiegel, Divided States of América : Notes on the Declin of a Great Nation (05/11/2012), dans un journal "bon teint" comme le Spiegel, cela n'est vraiment pas anodin.

 

Après l'élection présidentielle, les médias ont très clairement fait volte-face, y compris les médias européens habituellement admiratifs des Etats-Unis, et regardant maintenant ce pays avec l'oeil critique de la réalité.

(Les Etats-désunis d'Amérique La Tribune 06/11/2012).

Le constat est unanime, la grande puissance issue de la seconde guerre mondiale n'est plus.

 

Les inscriptions au chômage ont bondit de 22% à peine les élections passées..pour repasser nettement à la hausse le seuil des 400 000. Les stats étaient donc bien sujettes à caution. Les stats vont plonger dans le rouge du fait du fiscal cliff qui s'il se produit induira une récession de 5% en 2013.

(Lorsque l'on attend une récession de cette ampleur et que l'on est chef d'entreprise on fait des licenciements préventifs..) le roi Obama est nu.

 

Dans la foulée de Sandy, la réélection d'Obama a un goût bien amer pour une moitié d'américain et pour le reste du monde, on le voit dans les titrages de la presse : ce qui devrait être une bonne nouvelle car Obama était le candidat naturel du reste du monde, annonce clairement l'absence de changement, ce qui est inévitablement la pire chose au vu de ce que l'on sait sur la situation politico-économique des Etats-Unis. Tous les problèmes non résolus ces 4 dernières années sont à nouveau sur la table; La période de campagne les ayant artificiellement aplanis, Il n'en ressortent maintenant que plus puissants, plus insolubles.

 

Avec la ré-émergence de ces problèmes éludés pendant la campagne électorale, une réélection difficile à avaler pour les républicains, les Etats-Unis risquent de ne pas surmonter les défis qui s'annoncent, de sorte que des émeutes risquent de dégénérer en sécession et guerre civile compte tenu de la quantité d'armes en circulation dans le pays.

 

Il ne faut pas perdre de vue la situation explosive mondiale et notamment géopolitique, qui est elle aussi liée à la perte d'influence américaine. On le voit notamment dans le rôle volontairement secondaire qu'ils ont joué en Lybie, au Mali, en Syrie : à cause des contraintes budgétaires, leur nouvelle stratégie consiste à "déléguer" leurs agendas à leurs partenaires, la France et le Royaume-Uni en Lybie, la Cédéao au Mali, Israël en Syrie...L'absence du leader géopolitique des 80 dernières années rend la situation au Moyen-Orient particulièrement intriquée : tous les intérêts les plus disparates s'y mêlent en une vaste cacophonie.

 

C'est du côté européen ou russo-chinois que les solutions se trouvent en fait mais les européens ne sont toujours pas prêts à se désolidariser de leur ancien allié américain, s'auto-neutralisant de fait ; quant aux russes et aux chinois, ils ne bénéficient pas encore de l'aura idéologique des "bonnes puissances", à savoir celles dont les intérêts se combinent à de vraies valeurs universelles. De ce fait ni la Russie ni la Chine, qui vont sérieusement devoir travailler à ces valeurs sans lesquelles il n'y a pas de vraie puissance, ne sont encore en mesure de remplacer le leader perdu...si ce n'est par la force, ce qui est la pire des solutions pour eux...et pour le monde bien sûr.

 

Autre signe de l'affaiblissement de la puissance américaine, les sanctions sur l'Iran apparaissent impuissantes sauf à répandre parmi les iraniens la haine de l'occident. C'est en outre une épine que les européens se sont mis volontairement dans le pied plutôt que d'acheter le pétrole iranien en euro. En effet, l'Iran écoule maintenant sans problème son pétrole vers la Chine et la Turquie : pourtant membre de l'OTAN, la Turquie le pays en or via Dubaï en toute légalité. Ce système montre à la fois la fragilité de l'alliance occidentale et la facilité des pays à se passer du dollar pour payer le pétrole, principe qui est la clé de voûte de l'hégémonie du dollar et des Etats-Unis dans le monde.

 

Enfin l'influence des Etats-Unis sur l'Europe se fait elle aussi de moins en moins sentir. Si la situation de l'Europe n'est guère reluisante avec un chômage élévé, une augmentation de la pauvreté en Grèce et en Espagne notamment, les médias anglo-saxons n'agitent plus que sporadiquement le spectre de l'explosion de l'euro et de manière de moins en moins virulente, car les problèmes des Etats-Unis - et ceux de l' Angleterre - sont de plus en plus visibles. Les changements dans l'Euroland initiés dans la douleur commencent à porter leurs fruits.

Le découplage avec Wall-Street et la City s'est fait au cours de la "crise de l'euro" et continue actuellement. Dans le cas de la City, c'est le Royaume-Uni qui se met lui-même à l'écart. Ainsi, si l'Euroland sera comme tout le monde chahuté par l'effondrement du système américain, il ne sera pas aspiré par lui.

 

Extrait de LEAP/2020

 

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