NC: commenter l'actualité économique mondiale, et l'actualité politique tant en France qu'en Europe
La France est engagée dans un cercle vicieux dont les coûts économiques et sociaux sont considérables. Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés révèlent qu'ici,
plus qu'ailleurs, on se méfie des ses concitoyens. (selon Pierre CAHUC et Yann ALGAN)
Les français sont les plus nombreux à n'avoir aucune confiance dans les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et la justice. Ils sont également les plus rétifs à l'économie de
marché.
L'actualité récente alimente encore d'avantage la défiance des français : le scandale des retraits d'argent liquide par l'un des principaux représentants du MEDEF , Gautier SAUVAGNAC,
alimente la suspicion sur le financement opaque des syndicats. (L'hedomadaire "Marianne" dans son numéro 553 du 24 au 30/11/207 révèle que Nicolas SARKOZY , alors qu'il était ministre des
finances en 2004 avait été informé dès cette année 2004, et avait fait mettre l'affaire ..."en attente" ..!) (volonté d'étouffer l'affaire...!)
Le souçon de délit d'initié chez EADS jette également la lumière sur les pratiques de connivence entre l'Etat et les milieux industriels et financiers.
Ainsi la posture soupçonneuse des français va de pair avec un incivisme beaucoup plus élevé que dans les autres pays riches. Sur un échantillon de 21 pays de l'OCDE, c'est en
France qu'on est le moins choqué par le fait d'accepter des pots-de-vin, ou de réclamer des aides auxquelles on a pas droit. La majorité des français pensent qu'on ne peut arriver au
sommet sans être corrompu.
Le système social qui se crée à l'après-guerre est tout d'abord corporatiste, trait en partie hérité du régime de Vichy. Cette première caractéristique, qui nous différencie de la
sociale-démocratie scandinave, signifie que les droits sociaux sont accordés en fonction du statut et de la profession. Les relations sociales sont ainsi segmentées entre ceux qui bénéficient de
droits et les autres.
Les régimes spéciaux de retraite sont un exemple symptomatique. La France étant le pays de l'OCDE avec le plus grand nombre de régimes spécifiques : cadres, fonctionnaires, artisans et
commerçants, professions libérales, sans parler des multiples régimes spéciaux des grandes entreprises publiques ou des professions particulières ( parlementaires, mineurs, clercs de notaire;
marins, militaires etc..) voir article publié le 19/07/07 les corporatismes...
L'objectif des acteurs sociaux devient la sauvegarde des rentes de situation, comme le souligne les grèves actuelles. Cette segmentation de la société ne peut qu'alimenter la divison et la
suspicion.
L'étatisme se manifeste par une réglementation de la société civile dans ses moindres détails et entraine un cercle vicieux de défiance. En vidant de son contenu le dialogue social, les
interventions permanentes de l'Etat empêchent l'adoption de réformes favorables à l'amélioration du marché du travail. C'est un véritable cercle vicieux, le corporatisme et le dirigisme sapent
les mécanismes de solidarité, ruinent le dialogue social et renforcent la défiance mutuelle, laquelle nourrit en retour les revendications catégorielles et l'appel permanent à la réglementation,
favorisant ainsi l'expansion du corporatisme et du dirigisme.
Comment sortir de ce cercle vicieux ?