NC: commenter l'actualité économique mondiale, et l'actualité politique tant en France qu'en Europe
Par Marianne Ranke-Cormier de NEWROPEANS
On le savait depuis Lisbonne, nos politiciens nationaux n'ont de cesse que de vouloir museler la voix des citoyens, tant au niveau européen qu'au niveau national.
Au niveau européen cela se traduit bien entendu par le fait que, depuis l'échec du traité constitutionnel, MERKEL, SARKOZY, BARROSO, le Parlement européen, etc...n'ont de cesse de remettre en cause les votes français et néerlandais, allant même jusqu'à approuver par derrière ce que le peuple avait rejeté précédemment, et se sont relayés au mieux pour préciser publiquement qu'il fallait surtout éviter de recourir encore à la voix du peuple pour l'adoption de Lisbonne2
(même si le malheureux incident irlandais venait remettre en cause un tel déni démocratique).
L'Islande et la Grande Bretagne ne tentent-ils pas, face au naufrage américain, de se raccrocher à la barque européenne? Comment les citoyens irlandais pourraient-ils alors vouloir naviguer en courant inverse?
Une fois ce vote là obtenu, rien n'empêchera nos heureux élus de mener seuls le grand navire européen,
il ne sera alors plus question de savoir si celle-ci sera économique, sociale ou politique, elle devra avant tout servir aux intérêts nationaux, car on ne parle que de cela, être le terreau fertile qui leur garantira une immunité parfaite de toutes les actions qui auront pu conduire à achever la grandeur de la France,
l'invincibilité de l'industrie allemande...
La faillite financière conduit la Grande Bretagne à devoir revoir ses velléités de "caniche" américain et de puissance financière mondiale...et la crise semble avoir emporté du paysage les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne.
La France se maintient aux branches grâce aux sons et lumières projetés par son président et l'Allemange par le jeu de l'autruche dans lequel excelle sa chancelière (tout va bien Mme la marquise, tout va bien...).
Dans la cacophonie de nos politiciens qui donnent l'illusion de s'exprimer pour sauver un peu quelque chose de ce système en faillite, on n'entend même plus les voix des grands chefs bancaires, industriels, financiers, de ces grands penseurs du (ou des) système de l'économie mondiale...
Et pour cause, on a tendance à se faire un peu plus discret quand pour la nième fois on est contraint de frapper à la porte de l'Etat pour lui demander un nouveau petit milliard...
(Ceci étant, on s'aperçoit que le monde reste bien petit et entre soi, politiques,banquiers, patrons institutionnels..)
Deux question fondamentales cependant :
Où est la voix de l'Europe dans tout cela ?
Avez-vous entendu la Commission européenne et Barroso, toujours si prompts à vouloir imposer Lisbonne, non pas le traité, mais ses critères, la libre concurrence et l'ouverture des marchés ?
Avez-vous entendu un moment quelconque le Parlement européen s'exprimer sur la crise et proposer de s'engager dans une réflexion commune sur ses conséquences et les mesures envisageables ?
Que fait Trichet ? ou est passé Juncker ? (Président de l'eurogroupe)
Et le citoyen dans tout çà ?
Où sont les politiciens qui s'expriment au nom de leurs électeurs ?
Où sont le politiciens qui défendent les valeurs sociales, économiques, démocratiques face au démantèlement, une remise en cause fondamentale, du système dans lequel nous vivons
depuis plus de 50 ans
Où sont nos élus politiques dans la prise d'otage de tout l'appareil économique, social, politique
par quelques uns ?
Où sont les partis politiques chantres de la solidarité ?
A quel moment a-t-on laissé la parole aux citoyens ? A quel moment les a-t-on laissé s'exprimer sur la crise financière, sur la crise globale et sur ses conséquences ? A quel moment leur a-t-on offert la possibilité de se projeter dans les décisions à prendre qui concernent leur travail, leur pouvoir d'achat, leur argent, leur épargne, leur avenir, la retraite pour les plus vieux, la sécurité sociale pour les plus jeunes?
En France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne, en Belgique, en Slovaquie, en Roumanie, dans toute l'Europe; les citoyens ont aussi leur mot à dire sur la crise.