NC: commenter l'actualité économique mondiale, et l'actualité politique tant en France qu'en Europe
Lu sur Agoravox
Par Caleb Irri
Moraliser le capitalisme. Au delà du non-sens que constitue cette acception (le capitalisme n'est pas immoral mais amoral), il est évident que le fait de vouloir rendre le capitalisme plus
"moral" (sans compter que la morale est un concept relatif) doit passer par la transparence au niveau des paradis fiscaux, ceux-ci même que notre président (presque socialiste dans son discours
de Toulon) a prétendu vouloir réformer,
voire supprimer.
Ceci est pour ainsi dire impossible , au moins d'un point de vue capitaliste : car ces "paradis fiscaux" sont une pierre angulaire de ce même capitalisme. Sans eux, et surtout
sans les possibilités qu'ils offrent, c'est tout le système qui serait mis à mal par cette réforme.
Si les transactions traversant ces "paradis" étaient connues, il serait alors possible de déterminer précisément d'où vient l'argent de la drogue, du terrorisme, des pots de vin, de la
corruption, en clair de toutes les magouilles exercées par tous ceux qu'on appellera gentillement les voyous de la finance.
Homme politiques et gros bonnets compris (car n'oublions pas que ce sont les amis fortunés des leaders politiques qui délocalisent leur argent cette fois et non leur entreprise)
dans ces paradis fiscaux.
Un grand nombre d'entre eux étaient au récent forum de Davos...!
Dans un monde où les politiques sont largement soutenus par les grands financiers (et vice versa), laisser éclater au grand jour ce qui constitue une partie non négligeable de leurs ressources
semblerait pire que se tirer une balle dans le pied : non seulement on y verrait les malversations dont ils profitent, et en plus ils y perdraient nécessairement une partie de leurs avantages,
qui sont loin d'être minimes.
Mais tout cela n'est sans doute pas le pire : au delà des "paradis fiscaux" et leurs taux d'imposition plus que généreux, ce sont les "paradis bancaires" qui plaisent le plus à tout ce petit
monde.
Supprimer le secret bancaire permettrait sans doute de couper court au blanchiment d'argent sale, mais mettrait également en lumière les liens douteux qui existent entre cet argent sale et
certains hauts-placés de certains gouvernements.
Et si ces "paradis bancaires" (il en existe un peu plus d'une dizaine en Europe) sont le trou noir de la finance, Clerstream en est un gigantesque. Le brave Denis Robert, qui avait tenté en son
temps de s'y opposer, avait vu juste : il suffirait de lever le secret bancaire pour y trouver de nombreuses explications, que ce soit au sujet de l'affaire Madoff, mais également pour bien
d'autres...
De plus, une telle mesure ferait éclater en miettes quelques Etats (Suisse, Luxembourg, Liechtenstein..), Etats qui doivent l'essentiel de leur fortune à leur politique fiscale. Sans compter
Monaco, dont les pratiques sont autorisées par l'Etat français.
Monsieur Fillon a dit : " Des trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister et leur disparition doit préluder à une refondation du système financier international"
CHICHE...!
( La BNP dont le Pdg est Michel Pebereau, a racheté à la Banque of Scotland une filiale spécialisée dans la gestion de Fonds offshore...il est le conseillé personnel du président Sarkozy...!)
Lorsque les transactions seront si fichées que pas une centime ne circulera sans laisser de trace, il faudra bien payer ses impôts, et signer l'arrêt de mort du travail au noir, de la
prostitution, de la drogue, de jeux, de certains achats ou ventes que l'on veut cacher...et des marchés dérivés..!
Ce n'est pas demain la veille, de sorte que rendez-vous à la prochaine bulle d'ici quelques années et à la prochaine crise...!