NC: commenter l'actualité économique mondiale, et l'actualité politique tant en France qu'en Europe
Article publié par Marc ARAGON
Ah combien il est aisé de gouverner un monde imaginaire habité par des certitudes ! Et quelle folie que de vouloir le faire par des abstractions, des analyses, des notions incomplètes et
illusoires d'ordre et d'égalité; celles de marchés.
Que le monde réel surgisse et c'est le branle ! Voyez cette affaire de subprime que l'on se plait à minimiser et qui dégénère, catalysant l'annonce de toutes sortes de mauvaises nouvelles en
attendantes les suivantes. Deux ou trois choses pour mieux fixer les idées sur le sujet et d'autres.
1) aux Etats-Unis contrairement à la France, les prêts ne sont pas accordés selon la solvabilité de l'emprunteur mais sur le valeur du bien, ainsi, le prêteur hypotécaire craint-il assez peu la
défaillance de l'emprunteur quand il sait qu'il peut se saisir du bien et le revendre pour clore le dossier. Les taux consentis sont supérieurs lorsque les prêts s'adressent à des ménages en
difficulté et ces derniers l'acceptent aisément à défaut de ne pas être logés du tout. Le problème survient lorsque le prêteur ne peut plus revendre ledit bien saisi face à une crise immobilière,
créant une pression supplémentaire des prix à la baisse.
2) contrairement à la France, les prêts aux Etats-Unis sont essentiellement à taux variables. Que ces taux viennent à augmenter sur les marchés spéculatifs qui leur sont consacrés, la pression de
l'endettement augmente au point de mettre en faillite les ménages. L'épargne américaine étant au plus bas, ne constitue plus un coussin de sécurité.
3) IKB fit savoir récemment que 6% de ses avoirs étaient exposés aux subprimes. De mauvais avoirs en faible quantité ou d'excellents avoirs en même proportion mais illiquides peuvent contaminer
tout le reste. Si une pression à la sortie ( demande de remboursement par les investisseurs ) se montre, alors ce sont bien dans les 94% restants que la banque va taper pour assurer ses
obligations. Mécaniquement, les 6% des mauvaises créances deviennent 10% puis 20% etc...Ainsi la faible taille de la mauvaise exposition ne change rien à ll'affaire et peut gâter l'ensemble du
panier...
4) La contagion au reste de l'économie n'est ensuite qu'affaire de circonstance et du temps et de l'argent dont disposeraient les argentiers pour retarder la manifestation explicite du
problème....!!!