NC: commenter l'actualité économique mondiale, et l'actualité politique tant en France qu'en Europe
Après la privatisation de L'Aérospatiale, quel défi lançait Phillipe Camus, Directeur Général ? celui de bâtir les avions de l'avenir, moins pollueurs? non, celui de "faire
passer la marge d'exploitation de 4% à 8% en cinq an. Un pôle de compétence financière est crée qui va permettre d'affirmer la priorité de la création de valeur pour
l'actionnaire...A l'évidence, les changements de statut ont modifié les priorités.
EADS a fait de la "rentabilité pour l'actionnaire" sa "priorité"
Les promesses sont tenues : le groupe connait "cinq années de dividende" le résultat d'exploitation double, comme le bénéfice par action,. le cours d'EADS grimpe de 70%- une
performance d'autant plus remarquable que l'indice CAC 40 baissait de 30% durant la même période.
Indice complémentaire et non des moindres,: depuis 2004 le groupe "met en oeuvre un programme de rachat d'actions" qui pourrait atteindre 7,8 milliards d'euros jusqu'en novembre 2007". Ce
choix atteste la financiarisation d'EADS. Plutôt que d'investir dans les chaines de production, ou mieux, dans la recherche et développement l'entreprise
n'entreprend plus. Elle préfère procèder à une destruction de capital (afin d'éviter l'effet dilutif pour ...l'actionnaire). Louis Gallois justifie la cession de sites "les
investissements totaux nécessaires au passage aux matériaux composites représentent 500 à 600 millions d'euros. Nous ne pourrons pas les réaliser nous-mêmes. (Juste des
centaines de millions...pour les actionnaires on compte en milliards).
Ce sont des milliards d'euros qui, là, en toute légalité, sans aucun délit d'initiés, ont été détournés du projet industriel, ou des poches des salariés, au bénéfice des actionnaires.
C'est ainsi, dans cette logique financière qu'il faut comprendre le Plan Power 8.
La lecture attentive des rapports financiers d'EADS permet de comprendre que les licenciements de découlaient d'aucune nécessité...le Plan Power 8 était prévu depuis longtemps...!
il faut revenir, d'abord, aux justificationss officielles du Plan Power 8. Tant chez les dirigeanst d'EADS qu'au gouvernemment, on a estimé ce plan, "nécessaire",
"équilibré", "équitable". Pour restaurer la compétitivité et compenser la dégradation financière dûe aux retards, Airbus lance le programme 'Power 8' lance Louis Gallois, destiné à
générer des économies annuelles durables d'au moins 2 milliards d'euros à partir de 2010.
Clé de ce remède traditionnel, "une réduction de 30% des coûts de fonctionnement,, une réorganisation des sites..;quelques 10 000 postes en moins, Louis Gallois a passé beaucoup de temps
pour aller voir, discuter, rencontrer l'ensemble des parties prenantes de façon à construire un plan qui est "équilibré" et "équitablle"
Sont avancés des arguements de conjoncture comme les retards, la baisse du dollar etc...
Or ce plan de restructuration était prévu depuis longtemps, bien avant les déboires que l'on a largement exagérés pour faire passer la pillule..!
Ce que l'on découvre à la lecture du "Rapport annuel 2005" du Groupe EADS intitulé " Tracer l'avenir"
Tout va pour le mieux, cette année la rentabilité d'EADS a atteint de nouveaux sommets...pour une troisième année consécutive,une augmentation du dividende est proposée..une années record en
terme de livraisons...mais ces "performances" ne suffisent pas ! Afin de dégager la meilleure rentabilité de sa catégorie de faire progresser la performance opérationnelle d'EADS en terme de
coûts, le Groupe opte pour une "stratégie claire": "l'internationalisation"
On y détaille que 95% des salariés sont localisés en Europe, ainsi que 75% des sous-traitants. EADS prévoit de devenir un solide acteur industriel dans certain pays clés comme les
Etats-Unis, la Chine, la Russie, la Corée du Sud et l'Inde....EADS doit donc cibler de nouveaux marchés d'approvisionnement afin d'alimenter se Stratégie industrielle mondiale...cette "novlangue"
financière se traduit enfrançais courant par un verbe : délocaliser !
en clair depuis 2005 et indépendamment des aléas industriels, les grandes lignes du plan "Power 8" étaient depuis longtemps tracées: délocaliser. (on s'est servi de pretextes pour justifier ces sacrifices).
Dans le futur A350 la part de valeur développée et fabriquée en Europe tombera aux environs de 50%, et tout çà pour quoi ? pour sauver l'entreprise ? ...ou pour que "la rentabilité ne
risque pas d'être en décalage par rapport aux standards de l'industrie et aux ..;attentes des actionnaires ?"
LE PROFIT AVANT L'HOMME (Noam CHOMSKY)