NC: commenter l'actualité économique mondiale, et l'actualité politique tant en France qu'en Europe
Les élèves aujourd'hui sont très corrompus par la clientélisation souligne-t-il, de sorte qu'il parle de régression!
Dans les années 1860, Victor Hugo en France, Dickens en Angleterre, ont tout fait pour libérer l'enfant de l'exploitation par le travail industriel ou agricole. Puis est venu Jules Ferry,
ministre de l'Instruction publique entre 1879 et 1883, qui installe l'enfant sur les bancs de l'école laïque, gratuite et obligatoire avec un statut absolument différent de celui des adultes.
Ceux-ci travaillent. Lui, il apprend.
Ce n'est plus le cas aujourd'hui selon lui, depuis le milieu des années 1970, l'enfant a été restitué à la société des adultes, non plus en tant que travailleur, mais en qualité de client. Dès le
berceau, l'enfant est instrumentalisé par la consommation: Installer la télévision chez soi, c'est y introduire le marketing.
Jour après jour, on stimule chez l'enfant des désirs de consommation dans des domaines identiques à ceux des adultes : habillement, locomotion, électronique, téléphonie...voir
bancaire...l'enfant acquiert ainsi une légitimité commerciale qui en fait un rouage indispensable à la société marchande et le place sur un pied d'égalité avec l'univers des adultes.
Il accède à la propriété sans contrepartie, avec l'argent de ses parents ou en se "débrouillant". Le système s'en fiche du moment que l'argent circule. Les enfants qui débarquent
aujourd'hui dans les classes sont ainsi de petits propriétaires, animés par des désirs qu'ils ont l'habitude de voir rapidement satisfaits.
Dans notre culture, désormais, l'achat de l'objet convoité est devenu, "pour les parents", le moyen principal de manifester leur affection.
Est-ce que cela change du point de vue de l'école ?
Tout. Les enfants, aujourd'hui, confondent leur désirs superficiels et leurs besoins fondamentaux. Ils arrivent à l'école porteurs de désirs qui demandent à être
satisfaits immédiatement, c'est l'attrait constant de la nouveauté :une nouvelle marque, un nouveau téléphone, une nouvelle génération de godasses...Or il sa trouvent dans un lieu qui a pour
vocation de s'adresser à leurs besoins fondamentaux : lire, écrire, compter, raisonner.
Qui plus est, l'école exige d'eux, pour la première fois, une monnaie d'échange : du savoir contre de la concentration, de l'attention, de l'effort, bref, du travail, avec tout ce que cela suppose de renoncement aux désirs de consommer !
les enseigants qui imaginent toujours s'adresser aux enfants de Jules Ferry ne sont absolument pas préparés à cette enfance-clientèle.
Un livre à lire...