NC: commenter l'actualité économique mondiale, et l'actualité politique tant en France qu'en Europe
UN PREJUGE INSULTANT.
Nicolas Sarkozy considère que la "paresse" actuelle des français est la cause principale des difficultés que rencontre le pays. Rien n'est plus faux : les salariés français figurent
au contraire parmi les plus productifs au monde.
( Par Guillaume Duval, tribune parue dans "LIBERATION")
Il faut parait-il "réhabiliter la valeur travail". Nicolas Sarkozy en a fait le thème central de sa campagne victorieuse.
Rien n'est plus faux en effet que ce préjugé tenace d'une France paresseuse : les salariés français figurent au contraire parmi les plus productifs au monde. Selon les chiffres du Bureau
des statistiques du travail (BLS) un français qui occupe un emploi avait produit 71 900 dollars de richesses en moyenne au cours de l'année 2005. C'est certes moins que les 81 000 dollars
produits par l'employé américain moyen, mais plus que les 64 100 dollars d'un anglais, les 59 100 dollars d'un allemand ou les 56 300 dollars d'un japonais...
Si Nicolas Sarkozy ne se contentait pas de répéter les arguments que lui soufflent ses amis chefs d'entreprise, il saurait que les salariés français ne sont pas et de loin, ceux qui
travaillent le moins en Europe, selon Eurostat. (organisme officiel de l'Union).
statistiques déjà publiées dans deux articles en date du : 25/05/07 et 01/11/07
Pour autant il ne fait guère de doute que les entreprises françaises rencontrent des difficultés importantes.elles sont souvent à la peine sur les créneaux high-tech en expansion et s'en sortent
moins bien sur le marché mondial que les entreprises allemandes. Et cela bien que le travail soit sensiblement plus cher outre-rhin: 33 dollars de l'heure en 2005 pour un ouvrier de l'industrie
contre 24,6 en France selon les chiffres du BLS;
Si la paresse des salariés n'est pas en cause, ni le coût de leur travail, est-ce que les raisons de ces difficultés ne seraient pas à chercher en priorité du côté de la tête des
entreprises ? Du côté de lla faible qualité de leurs dirigeants et de l'inefficacité de leurs modes de gestion ?
Peut-être est-ce au niveau des élites économiques que l'économie française aurait besoin d'une "rupture"