NC: commenter l'actualité économique mondiale, et l'actualité politique tant en France qu'en Europe
Le congrès US a voté en 2007 une enveloppe de 400 millions de $ pour
"changer le régime en Iran".
Celle-ci s'ajoute au budjet de la NED (1) de l'USAID (1) et de la CIA
Trois groupes principaux en sont les destinataires:
la famille Rafsandjani, la famille Pahlevi et les Moudjahidines du peuple.
L'administration BUSH prend la décision de commanditer une "révolution colorée" en Iran, après avoir confirmé la décision de l'état-major de ne pas attaquer militairement l'Iran.
Ce choix est validé par l'administration OBAMA.
Par défaut donc on rouvre le dossier de la "révolution colorée" préparée en 2002 avec Israël au sein de l'Américan Entreprise Institute.
Le scénario prévoyait un soutien massif au candidat choisi l'Ayatollah Rafsandjani, la contestation des résultats de l'élection présidentielle, des attentats tous azimuts, le renversement du
président Ahmadinejad et du guide suprême l'Ayatollah Khaménei, l'installation d'un gouvernement de transition dirigé par Mousavi, puis la restauration de la monarchie et l'installation d'un
gouvernement dirigé par Sohrab Shobani.
Il appartient à l'Ayatollah Rafsandjani de renverser son vieux rival, l'Ayatollah Khamenei.
Issu d'une famille d'agriculteur hachémi, Rafsandjani a fait fortune dans la spéculation immobilière sous le Shah. Il est devenu le principal grossiste en pistache du pays et a arrondi sa fortune
durant l'Irangate.
Ses avoirs sont évalués à plusieurs milliards de $. devenu l'homme le plus riche d'Iran, il a été successivement président du parlement, président de la République et aujourd'hui président du
Conseil de discernement (instance d'arbitrage entre le parlement et le Conseil des gardiens de la constitution).
Il représente les intérêts du bazar, c'est-à-dire des commerçants de Téhéran.
Durant la campagne électorale Rafsandjani avait fait promettre à son ex-adversaire devenu son poulain, Mirhossein Mousavi, de privatiser le secteur pétrolier.
Sans connexion avec Rafsandjani, Washington a fait appel aux Moudjahidines du peuple. Cette organisation protégée par le pentagone, est considérée comme terroriste par le Département
d'Etat et l'a été par l'UE. Elle a effectivement mené des opérations terribles dans les années 80. L'organisation est commandée par Massoud Rajavi, ses bases militaires sont en Irak d'abord sous
la protection de Saddam Hussein puis aujourd'hui sous celle du Département de la Défense US. Ce sont les Moudjahidines qui ont assuré la logistique des attentats à la bombe durant la campagne
électorale.
C'est à eux que revenait de provoquer des accrochages entre militants pro et anti-Ahmadinejad, ce qu'ils ont probablement fait.
Dans le cas ou le chaos se serait installé, le guide suprème aurait pu être renversé. Un gouvernement de transition dirigé par Mousavi aurait privatisé le secteur pétrolier et
rétabli la monarchie. Le fils de l'ancien Shah serait remonté sur le trône et aurait désigné Sohrah Sobhani comme premier ministre.
(dans cette perspective Reza Pahlavi a publié en février un livre d'entretiens avec le journaliste français Michel Taubman)
Washington avait prévu identiquement le rétablissement de la monarchie en Afganistan. Mohammed Zaher , Shah devait reprendre son trône à Kaboul et Hamid Karzai devait être son premier ministre.
Malheureusement à 88 ans le prétendant est devenu sénile. Karzai est devenu donc président de la république.
Comme Sobhani il travaille dans le secteur pétrolier de la Caspienne.
La déstabilisation de l'Iran a échoué parce que le principal ressort des "révolutions colorées" n'a pas été correctement activé.
Mousavi n'est pas parvenu à cristalliser les mécontentements sur la personne de Ahmadinejad. Le peuple iranien ne s'st pas trompé, il n'a pas rendu le président sortant responsable des
conséquences des sanctions économiques US sur le pays.
Dès lors la contestation s'est limitée à la bourgeoisie des quartiers nord de Téhéran. Le pouvoir s'est abstenu d'opposer des manifestations les unes contre les autres et a laissé les comploteurs
se découvrir.
Il faut admettre que l'intoxication des médias étrangers (surtout occidentaux) a fonctionné.
(ni en Russie, ni en Chine, Ni en Inde)
L'opinion publique étrangère a réellement cru que deux millions d'iraniens étaient descendus dans la rue alors que les chiffres sont dix fois moins élevés.
Le maintien en résidence des correspondants de presse a facilité ces exagérations en leur dispensant de fournir les preuves de leurs imputations.
Ayant renoncé à la guerre, et échoué à renverser le régime, quelle carte reste-t-il dans les mains d'OBAMA ?
1) NED (National Endowment for Democraty) crée en 1982 sous Reagan
1) USIP (United States Institut for Peace) crée en 1984, les deux structures sont organiquement liées, des administrateurs de la NED siègent au conseil de USIP et vice-versa
Juridiquement la NED est une association financée par une subvention annuelle votée par le Congrès.
En pratiquee cette structure est un paravent utilisé par la CIA le MI6 britannique et l'ASIS autralien.
La NED se présente comme un organe de promotion de la démocratie. Elle intervient par l'intermédiaire de fondations comme par exemple en France la fondation Jean Jaurès et la fondation Robert
Schuman.